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Archimède – Longévité

Posté par marrickevin le Lundi, 23 février, 2009

Longévité
par Victor Lévy-Lasne et Vincent Gaullier

On interprétait mal la notion d’espérance de vie concernant les XVIIe et XVIIIe siècles, d’accord. Mais pour les périodes antérieures, pour le Moyen Age par exemple, avant que notre existence sur terre ne transite sous terre, cela prenait tout au plus 25 ans, non ?

Erreur ! selon le fameux laboratoire d’ethnologie préhistorique de l’Université Paris I. Et c’est la faute des scientifiques. Les informations sur l’âge du décès viennent de l’examen des os : on compare par exemple un crâne et les sutures qui le parcourent, à un ensemble de crânes récents dont on connaît l’âge du décès et qui servent de référence. Idem pour divers autres os et on arrive ainsi à évaluer l’âge de décès d’un squelette vieux d’entre 600 ans et 10 000 ans.

Sauf que l’on s’est rendu compte que le vieillissement des os dans le sol est difficilement interprétable et que les erreurs statistiques sont légions.

En réalité, à partir du moment où ces lointains ancêtres du Moyen Age dépassaient l’âge de 20 ans, leur espérance de vie était comprise entre 50 et 55 ans. Comme au XVIIe et au XVIIIe siècle !

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L’expulsé de la semaine – Délit de concubinage

Posté par marrickevin le Mardi, 13 janvier, 2009

“Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays” (article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme).

Ilhami Aldemir, Turc de 24 ans, vit en France depuis 2002. En mai 2008, il rencontre Amandine, 21 ans. Le couple s’aime et décide, en septembre, de prendre un appartement ensemble à Alès.

Amandine est aujourd’hui enceinte de deux mois. Mais la gendarmerie veille ! Des gendarmes en civil débarquent chez eux, pour enquêter sur leur « mariage blanc ». Sauf qu’ils ne sont pas mariés… Alors tout va bien, et les pandores repartent bredouilles, pensez-vous ? Que nenni ! Ilhami est arrêté, emmené au centre de rétention administrative (CRA) de Nîmes.

Le juge des libertés et de la détention décide de le libérer. Mais le procureur fait appel, et Ilhami voit sa rétention prolongée. Le 23 décembre, réveillé à 5 heures du matin et emmené à l’aéroport de Marseille-Marignane, Ilhami refuse d’embarquer. Il est placé en garde à vue, puis renvoyé au CRA de Nîmes. Le 26 décembre, à quelques heures de la fin de la durée légale de sa rétention (qui est de 32 jours), nouvelle tentative d’expulsion, nouveau refus d’embarquer, nouvelle garde à vue. Sa persévérance et son courage paient : Ilhami, libéré le soir même, retrouve sa compagne à Alès. Mais il passera en audience correctionnelle le 16 janvier 2009, au tribunal d’Aix-en-Provence, pour avoir refusé d’embarquer deux fois. Vouloir rester auprès des siens, quand on est étranger, c’est interdit.

Réseau Education Sans Frontières et Charlie Hebdo (n° 864 du mercredi 7 janvier 2009)

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L’expulsé de la semaine – Noël au balcon, Pâques en prison

Posté par marrickevin le Dimanche, 4 janvier, 2009

“Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays” (article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme).

En France depuis décembre 2005, la famille Mamedov (un jeune couple azéri et leurs deux fillettes de 4 ans et 3 mois) tente de se construire une vie nouvelle, après avoir fui l’Azerbaïdjan, où Musvic, le père, est opposant politique et recherché.

Ses demandes de régularisation n’aboutissent pas. Sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français, le 21 août 2008, les membres de la famille sont arrêtés au petit matin et conduits au centre de rétention administrative (CRA) de Rouen-Oissel. Ils sont libérés par le juge des libertés et de la détention, après une expertise médicale qui souligne l’incidence de la rétention sur l’état de santé des enfants, et l’incompatibilité de cet état avec la rétention.

Ils regagnent le Jura et reprennent leur vie, aidés par un comité de soutien. Cependant, leur avenir reste incertain. Les démarches et les procédures avancent très lentement. L’audience de la cour administrative d’appel qui doit statuer sur le cas de cette famille est prévue à Douai, le 29 décembre 2008. Mais le 16 décembre, Musvic revient d’Allemagne, où il a rendu visite à des proches. Il est contrôlé à la frontière. Il est arrêté. Le préfet du Haut-Rhin délivre à son encontre un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière. Musvic est alors enfermé au CRA de Strasbourg. Il risque d’être expulsé si l’ambassade d’Azerbaïdjan délivre un laissez-passer. Sa femme et ses filles, quant à elles, se cachent en attendant la décision de la cour administrative d’appel.

Réseau Education Sans Frontières et Charlie Hebdo (n° 863, du mercredi 31 décembre 2008)

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Archimède – Une idée reçue

Posté par marrickevin le Dimanche, 4 janvier, 2009

Une idée reçue
par Gilles Roqueplo et Hervé This

Le petit Albert Einstein et ses amis vont à la fête foraine. Albert est à peine monté sur le cheval blanc du manège que ce dernier se met à tourner. Lentement, d’abord, puis de plus en plus vite. Il faut s’accrocher ! Albert se sent éjecté vers l’extérieur. Ce sont les forces centrifuges qui le poussent ainsi, n’est-ce pas ? Le manège tourne, tourne, puis il finit par s’arrêter. Albert descend de son destrier, troublé. Des forces centrifuges ? Il y a là quelque chose de bizarre, car personne ne l’a poussé vers l’extérieur, et personne ne l’a tiré, non plus. Alors, d’où sortent-elles, ces fameuses forces centrifuges ? Qui les exerce ? Où s’exercent-elles ?

« Voyons, se dit Albert d’un esprit méthodique, que sais-je du mouvement ?

Il marche dans la fête foraine et, soudain, il aperçoit un marchand de glace, qui utilise de gros pains de glace pour conserver sa marchandise.

- Bonjour, Monsieur. Pouvez-vous me vendre un peu de glace ?

- Oui, mon garçon, quel parfum ?

- Non, Monsieur, seulement de la glace, pour faire une expérience.

Le glacier ne comprend pas, mais il vend sa glace et, stupéfait, il voit le petit Albert qui lance le glaçon devant lui : le glaçon glisse longtemps avant de s’arrêter.

- Voyons : pourquoi le glaçon glisse-t-il ? se demande Albert. Il glisse parce que je l’ai lancé : tant qu’il était dans ma main, cette main exerçait une force sur lui, et c’est ainsi que je l’ai mis en mouvement. Et pourquoi continue-t-il de glisser ensuite. L’inertie ! Un objet conserve son mouvement uniforme, ce qui signifie qu’il ne change pas de vitesse, tant qu’on n’agit pas sur lui. Une fois sorti de ma main, il a une certaine vitesse, et il la garde : il glisse. Pourquoi finit-il par s’arrêter, alors ? Il y a des frottements, et ces frottements ralentissent le glaçon, qui finit par s’arrêter. Bon, se dit Albert, je comprends maintenant pourquoi un glaçon glisse quand je le lance. Et si je le mettais sur le manège ? »

Aussitôt dit, aussitôt fait : le glaçon est posé sur le manège. Albert monte sur le manège, et ce dernier démarre. Albert voit le glaçon bouger par rapport à lui : « Normal, puisque je bouge avec le manège et que les frottements du manège sur le glaçon sont faibles, le glaçon, lui, ne bouge pas par rapport au sol. » Albert descend du manège, et, effectivement, il voit le manège passer sous le glaçon sans que celui-ci ne bouge par rapport à lui. « Conclusion, se dit Albert : cette prétendue force centrifuge est due aux frottements. »

Il réfléchit, réfléchit, et l’heure de rentrer à la maison arrive. En voiture, quand son père tourne, il se sent collé contre la portière à l’extérieur du virage : encore cette maudite force centrifuge, n’est ce pas ? Albert se souvient de son glaçon, et il imagine une expérience très simple : si un glaçon était posé sur la plate-forme arrière d’un camion, et que ce camion se mettait en mouvement, le glaçon resterait en arrière. L’inertie, à nouveau : le glaçon n’a pas de raison de bouger tant qu’on ne le met pas en mouvement. Or les frottements sont faibles, on le sait bien, pour un glaçon. Puis, imaginons que l’on ait maintenu le glaçon sur la plate-forme du camion qui roule à vitesse constante. Un coup de frein projette le glaçon vers l’avant du camion : c’est simple à comprendre, le camion change de vitesse, mais le glaçon continue à la même vitesse qu’initialement : il a son inertie. Donc le glaçon semble aller plus vite que le camion quand ce dernier freine. Et au cours d’un tournant ? Le glaçon poursuivrait sa route tout droit, tandis que le camion tourne. Et, il serait donc projeté contre le bord. Il n’y a aucune force qui agit sur lui, seulement le camion change de direction, tandis que le glaçon conserve son mouvement.

Et voila la clé du mystère : il faut parler d’inertie car la force centrifuge n’existe pas.

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Archimède – Promesses

Posté par marrickevin le Lundi, 29 décembre, 2008

Promesses
par Denis Van Waerebeke et Bruno Léandri

Demain, on rase gratis. De tout temps, religions et politiques ont promis le bonheur à l’humanité, mais contrairement aux bons apôtres, la science l’a mis sur la table.

Vous avez toujours rêvé de transmuter le plomb en or ? La science l’a fait. Dans le milieu du 20e siècle, des laboratoires de physique ont effectivement obtenu des molécules d’or à partir de molécules de plomb ; mais avec une telle complexité de procédure, que l’or obtenu n’aurait pas remboursé le millième de l’énergie et du temps investi. C’est toujours comme ça, avec la science : des promesses, des promesses, mais au bout du compte, y a toujours un lézard. Faut dire que ceux qui tiennent ces propos sont moins des scientifiques que des politiques, des commerciaux.

Demain, l’homme pourra se déplacer où il veut, aussi loin qu’il le veut, à la vitesse qu’il veut, qu’ils disaient, dès l’apparition du moteur à explosion. L’avion et l’automobile ont effectivement conquis la planète. Et dans les régions où chaque humain possède sa voiture, des millions de voitures bloquées dans les embouteillages, le long de routes qui ont bétonné la nature, saturent l’atmosphère en dioxyde de carbone. Et les avions qui nous emmènent en quelques heures à n’importe quel point de la planète ont transformé une moitié du monde en parc touristique pour l’autre moitié, avant de devenir les cibles privilégiées de tout ce que la terre compte de pulsions destructrices.

Demain, plus de travail pénible, plus de risque, plus de fatigue, les robots vont tout faire, qu’ils disaient. Dans les années 1920, dès les premiers balbutiements de la micro-mécanique et de l’électronique, les chroniqueurs scientifiques annoncèrent l’avènement des robots, humanoïdes tant qu’à faire, qui travailleraient, risqueraient, se fatigueraient et même penseraient à notre place. Les automates ont effectivement remplacé les ouvriers dans bien des usines, mais ils n’ont pas remplacé le travail, ils l’ont déplacé, plus difficile et plus inaccessible. Le cyborg intelligent et serviable appartient toujours au monde du cinéma.

Demain, plus de cataclysme imprévu, plus d’intempéries inopinées, qu’ils disaient ! Dans les années 60, on pensait que le radar et les photos satellites allaient rendre les prévisions météo infaillibles sur un mois et qu’on surprendrait les masses d’air jusque dans leur lit. La connaissance des circulations atmosphériques est en effet devenue globale et précise, mais la prévision d’événements brutaux reste aléatoire, et la limite de trois jours pour les prédictions sûres n’a jamais été franchie. Au-delà, la grenouille est toujours aussi efficace.

Demain, il n’y aura plus de guerre qu’ils disaient. La bombe atomique et l’équilibre de la terreur rendront toute agression impossible. Bombes à fission en 45, bombes à fusion en 51, les arsenaux des grandes puissances ont effectivement acquis le pouvoir de pulvériser mille fois la planète, mais elles ne peuvent rien contre l’irremplaçable balle de fusil et la bonne vieille arme blanche. Les missiles à guidage laser et les chasseurs furtifs ne sont pas concurrentiels face à la bonne vieille envie de tuer et de se faire tuer.

Demain, les villes dépasseront les nuages, les prodiges des matériaux permettront une civilisation verticale, qu’ils disaient. Les tours de 600 mètres prévues à Paris, ou de 2 000 mètres au Japon n’ont jamais vu le jour. Ouf. Et celles qui existent frémissent sur leurs fondations, pour des raisons n’ayant rien à voir avec les matériaux. Leurs structures sont solides, c’est l’Humanité qui ne l’est pas.

Demain, les distances entre les hommes seront abolies, qu’ils disaient. Les promesses des télécommunications ont presque été tenues, le téléphone avec fil, puis sans fil. Pourtant, le téléphone à écran, annoncé dès 1930, n’est toujours pas effectif. Pourtant, le réseau Internet, rejeton mondial des télécommunications et de l’informatique, n’avait été prévu par personne. Celui-là, ses promesses sont si récentes qu’on peut se permettre d’en anticiper le résultat : circulation totale de l’information, nouvelle convivialité, nouvelle économie, qu’ils disent. Mais qu’est-ce qui fume ? C’est l’enthousiasme, refroidi à grands coups de lances à incendie.

Des promesses, toujours des promesses ! Mais, objectent les scientifiques, nous n’avons jamais rien promis. Aucun scientifique digne de ce nom ne se laisserait aller à des engagements inconséquents. C’est vrai, ils n’ont jamais mal parlé. C’est nous qui avons mal entendu.

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Archimède – Geyser

Posté par marrickevin le Dimanche, 28 décembre, 2008

Geyser
par Gilles Roqueplo et Philippe Boulanger

« Il se fit un tremblement, puis une détonation et une gerbe d’eau fusa dans l’atmosphère.

Archiprime le fils du professeur Archipi souriait satisfait. Le guide géologue lui avait tout expliqué sur les geysers et, pour une fois, il pouvait enseigner quelque chose à son père.

- Nous sommes devant le geyser dénommé Old Faithful, c’est-à-dire Vieux Fidèle, expliqua Archiprime qui maîtrisait la langue de Shakespeare et de la dynastie Bush. Fidèle parce que, telle une baleine, il souffle sa vapeur à intervalles réguliers, toutes les heures, et cela depuis plus d’un siècle. Il existe, continua Archiprime, une cinquantaine de champs de geysers dans le monde. Ils sont situés dans des terrains volcaniques fissurés où l’eau de pluie s’infiltre dans le sous-sol puis est collectée dans des puits très profonds. Là, cette eau se réchauffe en même temps qu’elle remplit le puits. Quand on s’enfonce dans la Terre, la température augmente de 30 degrés par kilomètres, mais dans les terrains volcaniques la température augmente plus vite avec la profondeur. Donc l’eau s’échauffe en bas de la colonne, jusqu’à dépasser la température de 100° C, mais elle ne bout pas car la pression de la colonne d’eau dans la conduite du puits empêche l’ébullition. Les geysers les plus profonds ont presque un kilomètre de hauteur et l’eau peut être chauffée à 300 ° C sans bouillir. Quand la colonne est remplie, sa partie basse continue à se réchauffer jusqu’à ce que de petites bulles de vapeur apparaissent et là le spectacle commence. En montant ces bulles grossissent car la pression diminue lors de l’ascension. Comme ces bulles de vapeur allègent le poids d’eau comprimant les couches d’eau inférieures, le liquide sous-jacent commence à bouillir à son tour, ce qui fait que plus de bulles montent, diminuant encore la pression et la réaction en chaîne est déclenchée. L’ébullition de l’eau en profondeur projette toute la colonne d’eau vers la surface et le geyser entre en éruption.  Et voilà le travail de la nature parfaitement compris par qui maîtrise les lois physiques de l’ébullition, triompha Archiprime.

Archipi riait d’aise en entendant son fils si savant. Il poursuivit l’explication :

- Au fond, c’est parce qu’une colonne de liquide chauffée par le bas est instable ! Ainsi, l’eau de la casserole, quand elle bout, projette de l’eau tout autour et bien des brûlures domestiques dangereuses résultent de cette instabilité. Peux-tu maintenant me dire pourquoi les vaillants explorateurs qui ont été voir les volcans d’Islande ont observé des dépôts de soufre qui s’accumulent au voisinage de la sortie des geysers, que l’on nomme des solfatares ?

- L’eau chaude des profondeurs dissout le soufre contenu dans la roche, répondit Archiprime. En surface la température de l’eau diminue et le soufre précipite. Il se dépose en couche jaunâtre de cristaux tout autour de la bouche du geyser. L’haleine de Vulcain, le dieu des Enfers, est fétide parce qu’elle est riche en ces composés soufrés qui sentent l’œuf pourri. Maintenant, pourquoi l’odeur d’œuf pourri correspond à des émanations soufrées relève d’autres compétences à la fois chimiques et alimentaires. C’est une autre histoire. »

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Archimède – Invisible vapeur

Posté par marrickevin le Samedi, 27 décembre, 2008

Invisible vapeur
par Patrick Rebeaud et Hervé This

Regardez la fumée, au dessus d’une casserole d’eau qui bout. Ceux qui la nomment vapeur ont tort car la véritable vapeur est invisible. Ce que vous voyez, en vérité, ce sont les petites gouttes d’eau que les molécules de vapeur – invisibles tant qu’elles sont séparées sous la forme de vapeur – forment en se condensant dans l’air, car celui-ci est à une température inférieure à 100 degrés.

En toute rigueur, au-dessus des casseroles d’eau bouillante, on devrait parler non de vapeur, mais de vapeur condensée. Mais avouez que ça fait un peu snob.

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L’expulsé de la semaine – Hortefeux, sergent recruteur

Posté par marrickevin le Samedi, 27 décembre, 2008

“Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays” (article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme)

Figuella Diakanua est née en 19983 en République démocratique du Congo. Elle y a vécu ces huit dernières années, retenue contre sa volonté après le décès de son père, en 1997. Une mort liée à des questions politiques. Sa mère est également décédée. Alors qu’elle risque d’être enrôlée, Figuella réussit à échapper à la guerre qui frappe la région de Goma, dans l’est de la RDC – selon le rapport 2006 d’Amnesty International, 40 % de certaines troupes sont constitués de jeunes filles.

Arrivée en France, elle demande l’asile politique. On lui refuse la possibilité de voir sa situation examinée hors procédure d’urgence. C’est-à-dire d’accorder à sa demande un examen équitable et serein. Malgré la mobilisation, les recours auprès du tribunal administratif, les démarches auprès du ministère de l’Immigration, de l’Identité nationale et du Codéveloppement et du ministère de l’Intérieur, le statut de réfugié lui est refusé. Un conseiller municipal de Villetaneuse s’est porté garant, une sénatrice est intervenue… En pure perte. Le traitement rapide de son dossier aboutit à un refus.

Le 3 décembre 2008, Figuella est expulsée vers la RDC, où la guerre fait rage. Une guerre où les violences faites aux femmes auraient largement justifié que l’Office des réfugiés et apatrides (OFPRA) accorde l’asile à Figuella. Mais la France a décidé de la renvoyer vers ses bourreaux. Un déni de justice, doublé d’un déni d’humanité.

Réseau Education Sans Frontières et Charlie Hebdo (n° 862, du mercredi 24 décembre 2008)

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Archimède – Virus

Posté par marrickevin le Mardi, 23 décembre, 2008

Virus
par Gilles Roqueplo et Philippe Boulanger

« Le virus est un envahisseur qui s’infiltre dans les cellules de l’organisme comme le Cheval de Troie a traversé les remparts de la ville avec son contenu d’agresseurs. A l’intérieur de la cellule, le virus utilise la machinerie de la cellule pour se reproduire. Il en ressort ensuite pour pénétrer dans d’autres cellules et réitérer son forfait, propageant ainsi l’infection qui épuise l’organisme et empêche la cellule de fabriquer ce pourquoi elle était destinée. Les virus sont des particules très petites, explique le Professeur Archipi. On les dénommait les virus filtrants, car ils traversaient les pores de tous les filtres. Nous allons décrire, continue Archipi, un des virus les plus simples, le virus de la forêt de Semliki en Ouganda qui n’est pas dangereux pour l’homme. D’environ un dixième de micromètre de diamètre, il est bardé d’excroissances que l’on dénomme les spicules. Chaque spicule possède trois racines, qui sont ancrées sur une face d’un polyèdre à 60 faces. Quand le virus arrive au contact d’une cellule, les spicules trompent les récepteurs de la membrane de la cellule, comme les Grecs l’avaient fait à Troie. Mieux que cela, les récepteurs sont mobilisés pour se fixer à chaque spicule et la paroi de la membrane s’incurve autour du virus pour former une vésicule qui pénètre dans la cellule. L’ennemi est entré et va poursuivre son forfait. Là, le virus s’associe à divers éléments de la cellule qui le débarrassent des spicules et libèrent l’ARN contenu dans le virus. Cet ARN est une longue molécule commandant la fabrication des protéines constitutives des éléments du virus.

- Je croyais que c’était l’ADN qui contenait les instructions du code génétique s’exclama Archiprime, l’élève d’Archipi.

- Vrai, lui répondit Archipi : généralement l’ARN est formée à partir de l’ADN contenu dans le noyau des cellules, mais ce virus, plus fruste, fait l’économie de cette première étape. Dans la cellule infestée, une partie de l’ARN commande à la cellule de fabriquer les protéines des spicules ; une autre partie assure sa propre reproduction. Quand cette fabrication est terminée, l’ARN se regroupe en boule et va s’associer aux spicules qui se sont placées sur la membrane cellulaire. Sur cette membrane, la particule virale se reconstruit, constitue un bourgeonnement puis se libère, pour aller, dans la circulation sanguine, infecter d’autres cellules. Et ainsi s’étend l’infection amenée par les virus, comme la grippe et le SIDA. Les produits anti-virus tentent d’éviter que le Cheval de Troie pénètre dans l’organisme, mais cela est très difficile, conclut Archipi, car il se transforme très vite : le virus de la grippe change d’une année à l’autre. »

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Archimède – L’an zéro

Posté par marrickevin le Mardi, 23 décembre, 2008

L’an zéro
par Gilles Roqueplo et Philippe Boulanger

Combien de fois faudra-t-il le répéter ? Il n’y a pas de jour 0 ni d’année 0. L’ère chrétienne commence le 1er janvier de l’an 1 après Jésus Christ, un siècle va de 1 à 101, donc l’année 2000 n’a pas été la première du 21e siècle mais la dernière année du 20e.

La première année du 21e siècle fut l’an 2001. Donc, le 31 décembre 1999 , nous n’avons pas fêté un changement de millénaire, mais un changement de millésime.

Il n’y a pas d’année 0. A la naissance du Christ, nous sommes passés directement de l’an 1 avant Jésus-Christ à l’an 1 après Jésus-Christ. Mais comme le Christ est né le 25 décembre de l’an 1 avant Lui-même, les six jours qui ont suivi présentent une particularité qui fait mentir le calendrier. Le 29 Décembre de l’an 1 avant Jésus-Christ, ça faisait déjà quatre jours que ce dernier était né. Par chance, il n’y avait personne pour s’en rendre compte !

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