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Archimède – O.G.M. : risques et périls

Posté par marrickevin le Jeudi, 16 avril, 2009

O.G.M. : risques et périls
par Denis Van Waerebeke et Vincent Gaullier

Depuis plusieurs années maintenant, des scientifiques pointent ici et là les éventuels risques liés la généralisation des plantes transgéniques. Travaux de recherche à l’appui, des dangers pour l’environnement et la santé humaine apparaissent. En voici quelques exemples.

Parmi les plantes transgéniques disponibles sur le marché, il y a le maintenant célèbre maïs qui résiste à la pyrale. Les chenilles de ce petit papillon raffolent de cette céréale. Ses agapes terminées, la pyrale peut avoir détruit jusqu’à 20 % de la récolte. On comprend donc aisément que certains agriculteurs aient vu avec bonheur la commercialisation d’une variété de maïs dont le patrimoine génétique dispose d’un gène de résistance aux attaques de ce nuisible. Fini donc l’épandage de produits insecticides à chaque attaque de la pyrale ; la plante synthétise en permanence ses propres défenses chimiques. C’est là où le bât blesse : la culture de cette plante représente en soi une pression évolutive sur l’environnement. En d’autres termes, la plupart des pyrales étant tuées, seules survivront les plus résistantes. Elles deviendront alors le type le plus fréquent. Aux Etats-Unis, où les cultures de maïs transgénique représentent plus d’un tiers du maïs planté en 1998, les premières parcelles détruites par ces pyrales résistantes existent déjà.

Des écologues ont noté que ces céréales transgéniques tuaient aussi des insectes utiles : les larves de chrysopes vertes, par exemple. Cette mouche, prédatrice des chenilles de pyrales, est victime d’un effet ricochet : la toxine synthétisée par le maïs transgénique ne lui est pas nocive directement, mais, une fois digérée par la chenille, sa structure chimique se modifie, sa nocivité augmente, et elle devient fatale à la chrysope. Au printemps, les pollens volent aux quatre vents. De ce mode de reproduction des plantes vient un autre risque : les gènes contenus dans le pollen des plantes transgéniques, résistantes aux herbicides, sont susceptibles d’entrer dans le patrimoine génétique de plantes sauvages, au hasard des rencontres et des croisements. La descendance deviendrait alors envahissante parce qu’indestructible par les produits classiques. Pour le colza, le risque est déjà démontré : il se croise avec des mauvaises herbes que sont la moutarde, la ravenelle, en leur transmettant ce gène de tolérance à l’herbicide.

Les biologistes ajoutent dans leurs constructions génétiques un gène de résistance à un antibiotique : l’ampicilline. Un gène dit de marquage, qui permet aux chercheurs de repérer les plants qui intègrent les modifications génétiques souhaitées. Pour certains microbiologistes, le transfert de la plante vers des bactéries du sol de ce gène de résistance est possible. Ce qui rendraient résistantes ces bactéries à l’antibiotique. Une menace inutile pour de nombreux épidémiologistes : alors que depuis 20 ans, aucune nouvelle famille d’antibiotiques n’est apparue sur le marché, est-il raisonnable d’utiliser ces gènes de résistance ? Et tout comme les bactéries du sol, les bactéries qui nous attaquent pourraient-elles devenir insensibles à des antibiotiques comme l’ampicilline ? Même si ce danger existe, il est plus aigu à cause du recours trop systématique à des antibiotiques pour nous soigner qu’à cause des plantes transgéniques. Reste qu’il existe un risque pour la santé humaine : celui de l’apparition de nouvelles allergies. En effet, selon certaines études, les allergies dues à la consommation de soja ne cessent d’augmenter : + 50 % entre 1997 et 1998. Or, qu’est-ce qui a changé pendant ces 12 mois ? L’arrivée massive du soja transgénique.

Un constat s’impose : l’étude d’impact ! Tout ce travail préparatoire chargé d’évaluer les risques écologiques liés à l’emploi des plantes transgéniques ayant été trop négligée, il semble que nous soyons dans un flou. Plutôt inquiétant. Alors que beaucoup de chercheurs travaillent sur les OGM, trop peu en étudient les risques et les aspects négatifs. Or il est difficile de trouver si l’on ne cherche pas. Aussi, sans forcément courir derrière l’inaccessible « risque zéro », il est temps d’estimer précisément les conséquences du développement des cultures transgéniques.

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