L’expulsé de la semaine – Noël au balcon, Pâques en prison
Posté par marrickevin le Dimanche, 4 janvier, 2009
“Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays” (article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme).
En France depuis décembre 2005, la famille Mamedov (un jeune couple azéri et leurs deux fillettes de 4 ans et 3 mois) tente de se construire une vie nouvelle, après avoir fui l’Azerbaïdjan, où Musvic, le père, est opposant politique et recherché.
Ses demandes de régularisation n’aboutissent pas. Sous le coup d’une obligation de quitter le territoire français, le 21 août 2008, les membres de la famille sont arrêtés au petit matin et conduits au centre de rétention administrative (CRA) de Rouen-Oissel. Ils sont libérés par le juge des libertés et de la détention, après une expertise médicale qui souligne l’incidence de la rétention sur l’état de santé des enfants, et l’incompatibilité de cet état avec la rétention.
Ils regagnent le Jura et reprennent leur vie, aidés par un comité de soutien. Cependant, leur avenir reste incertain. Les démarches et les procédures avancent très lentement. L’audience de la cour administrative d’appel qui doit statuer sur le cas de cette famille est prévue à Douai, le 29 décembre 2008. Mais le 16 décembre, Musvic revient d’Allemagne, où il a rendu visite à des proches. Il est contrôlé à la frontière. Il est arrêté. Le préfet du Haut-Rhin délivre à son encontre un arrêté préfectoral de reconduite à la frontière. Musvic est alors enfermé au CRA de Strasbourg. Il risque d’être expulsé si l’ambassade d’Azerbaïdjan délivre un laissez-passer. Sa femme et ses filles, quant à elles, se cachent en attendant la décision de la cour administrative d’appel.
Réseau Education Sans Frontières et Charlie Hebdo (n° 863, du mercredi 31 décembre 2008)