Archimède – Virus
Posté par marrickevin le Mardi, 23 décembre, 2008
Virus
par Gilles Roqueplo et Philippe Boulanger
« Le virus est un envahisseur qui s’infiltre dans les cellules de l’organisme comme le Cheval de Troie a traversé les remparts de la ville avec son contenu d’agresseurs. A l’intérieur de la cellule, le virus utilise la machinerie de la cellule pour se reproduire. Il en ressort ensuite pour pénétrer dans d’autres cellules et réitérer son forfait, propageant ainsi l’infection qui épuise l’organisme et empêche la cellule de fabriquer ce pourquoi elle était destinée. Les virus sont des particules très petites, explique le Professeur Archipi. On les dénommait les virus filtrants, car ils traversaient les pores de tous les filtres. Nous allons décrire, continue Archipi, un des virus les plus simples, le virus de la forêt de Semliki en Ouganda qui n’est pas dangereux pour l’homme. D’environ un dixième de micromètre de diamètre, il est bardé d’excroissances que l’on dénomme les spicules. Chaque spicule possède trois racines, qui sont ancrées sur une face d’un polyèdre à 60 faces. Quand le virus arrive au contact d’une cellule, les spicules trompent les récepteurs de la membrane de la cellule, comme les Grecs l’avaient fait à Troie. Mieux que cela, les récepteurs sont mobilisés pour se fixer à chaque spicule et la paroi de la membrane s’incurve autour du virus pour former une vésicule qui pénètre dans la cellule. L’ennemi est entré et va poursuivre son forfait. Là, le virus s’associe à divers éléments de la cellule qui le débarrassent des spicules et libèrent l’ARN contenu dans le virus. Cet ARN est une longue molécule commandant la fabrication des protéines constitutives des éléments du virus.
- Je croyais que c’était l’ADN qui contenait les instructions du code génétique s’exclama Archiprime, l’élève d’Archipi.
- Vrai, lui répondit Archipi : généralement l’ARN est formée à partir de l’ADN contenu dans le noyau des cellules, mais ce virus, plus fruste, fait l’économie de cette première étape. Dans la cellule infestée, une partie de l’ARN commande à la cellule de fabriquer les protéines des spicules ; une autre partie assure sa propre reproduction. Quand cette fabrication est terminée, l’ARN se regroupe en boule et va s’associer aux spicules qui se sont placées sur la membrane cellulaire. Sur cette membrane, la particule virale se reconstruit, constitue un bourgeonnement puis se libère, pour aller, dans la circulation sanguine, infecter d’autres cellules. Et ainsi s’étend l’infection amenée par les virus, comme la grippe et le SIDA. Les produits anti-virus tentent d’éviter que le Cheval de Troie pénètre dans l’organisme, mais cela est très difficile, conclut Archipi, car il se transforme très vite : le virus de la grippe change d’une année à l’autre. »