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C’est pas moi que le dis – 27ème épisode

Posté par marrickevin le Jeudi, 31 juillet, 2008

“Le PS n’aura été ni en capacité de faire échec à cette réforme institutionnelle, ni en situation de l’infléchir. Le PS doit s’interroger sur sa stratégie de parti d’opposition. Sa disqualification résulte de son incapacité à s’abstraire d’une forme d’antisarkozysme pavlovien qui le conduit à s’opposer systématiquement à tout projet émanant du président de la République” – Extrait d’un texte publié, le lendemain du vote de la réforme des institutions, par Manuel Valls, Christophe Caresche, Jean-Marie Le Guen et Gaëtan Gorce, parlementaires PS. Là, vous vous dites : “Alors eux, les Don Quichotte de bazar, le commando du dimanche, ils ont voté pour la réforme, forcément”. Que nenni, l’ami. Si on peut aller à la soupe des deux côtés, on ne va pas se priver. On vote contre, histoire de pas avoir de problème dans le parti, d’être écouté par les journalistes parce qu’on appartient à une grande formation politique, d’avoir un beau sigle PS sur les affiches à côté de notre nom lors de la prochaine élection (ça fait toujours mieux que Nouvelle Gauche, ou Gauche Sociale-Démocrate, ou La Gauche Qui N’A Pas Peur De Dire Qu’En Fait Elle Est De Droite, ou Mon Cul Sur La Commode). Mais tout de même, si Sarkozy a un truc à nous proposer, une mission ou une présidence de commission, il sait où nous trouver. C’est au moins un truc qu’on peut reconnaître à ceux qui font semblant de ne pas être de la droite dure : quand il s’agit de lâcher Bayrou et d’aller à la soupe, les Morin et consorts ne se font pas prier. Alors que ceux qui font semblant d’être de gauche, ils s’agrippent à la coque du navire comme des moules en espérant le faire couler. Faux-jeton et pleutre, c’est aussi ça, la gauche moderne.

“Il s’y passe [au Parti Socialiste] presque plus de choses que dans l’émission de télé-réalité de TF1 Secret Story” – Entendu sur RTL, prononcée par un journaliste, jeudi 31 juillet.

“Notre enquête à la fin de ce journal : beaucoup de magazines consacrent cet été un numéro au sexe, nous verrons pourquoi” – Entendu sur Europe 1, jeudi 31 juillet. On dirait bien que c’est pour en vendre, de leurs torchons, mais ça ne doit pas être ça. L’enquête saura sûrement mieux répondre que nous.

“Qui applique plus les droits de l’Homme que la France ?” – Bernard Kouchner, sur France 24, vendredi 18 juillet.

“Aujourd’hui, on voit qui a la trempe d’un Zola, d’un général Picard : c’est Philippe Val. Et qui a la bassesse de Drumont, de Maurras ou de Bernanos : ce sont les pétitionnaires semi-trotskistes de l’éternel stalinien Siné” – Alexandre Adler, dans Le Figaro, samedi 26 juillet. Tenez, un mot que je n’utilise jamais, mais là, je le sors, parce que c’est trop : lol. Pour vous poser le personnage, Alexandre Adler nous avait un jour expliqué très sérieusement qu’être anti-américain (ce qui est imbécile) revenait à être antisémite (ce qui ne l’est pas moins). Voilà le raisonnement : aujourd’hui, en France, la loi interdit de tenir des propos antisémites mais pas de tenir des propos anti-américains. Donc, les antisémites tiennent des propos dans lesquels les juifs sont remplacés par les Américains, ce qui leur évite des ennuis avec la justice. Signé : Alexandre Adler. Déjà, quand vous avez lu ça, vous vous dites qu’au prochain texte du gus qui vous passera sous les yeux, vous n’êtes pas à l’abri de passer un bon moment. Et, donc, messieurs-mesdames, sans augmentation du prix des consommations, là, il vient de nous en pondre une plus belle encore. “Les pétitionnaires semi-trotskistes de l’éternel stalinien Siné”, déjà ça fait rire. Mais, en plus, je ne sais pas ce qu’ils ont avec leur affaire Dreyfus depuis que l’affaire Siné a commencé, mais ils nous la servent à toutes les sauces et j’avoue avoir du mal à suivre. Faut dire que tous autant qu’ils sont, ils en sortent de belles. La palme revient tout de même à Laurent Joffrin qui nous a parlé de la “race juive” dans Libération. Et je saisis mal ce que vient faire Bernanos ici, qui certes a écrit des choses antisémites mais a opéré avec la seconde guerre mondiale un “changement” de position (enfin, c’est compliqué). Ensuite, comparer Siné au théoricien du nationalisme Maurras et au cas pathologique Drumont (qui n’ont pas grand chose en commun si ce n’est leur antisémitisme), c’est quelque peu burlesque. Et comparer Val (que j’apprécie) à Zola (que j’admire), c’est du dernier grotesque. Et puis y’a Piquart (bien orthographié, s’il vous plaît, et qui n’était pas général au moment de l’affaire Dreyfus, merci). C’est courant de voir l’affaire Dreyfus avec d’un côté les bons, de l’autre les méchants. Et donc, le Picquart, travaillant au Renseignement français a découvert que le vrai traître n’était pas Dreyfus mais Estherhazy, et il l’a dit. Depuis, il a sa légende dorée. Sauf que le Picquart, il était antisémite. Et s’il a “défendu” Dreyfus, c’est pour protéger ses arrières. Quand il a expliqué à l’état-major qu’il avait découvert que le traître était Esterhazy, on lui a dit : “Mais dites-moi, dites-moi, c’est fou autant de traîtres dans l’armée. Allons bon, un de plus. Bon, arrêtez-le, mais qu’on n’entende pas parler de Dreyfus”. Mais soupçonnant que Picquart finisse par faire des vagues, on l’a envoyé en mission à hue, puis à dia, puis finalement en Tunisie, pour qu’il laisse en paix tout le monde. Et comme il commençait à craindre un peu pour sa vie, il a parlé de tout ça à un avocat, Leblois, lui faisant jurer de ne rien dire (on en parlerait seulement si ça tournait mal pour Picquart). Mais Leblois, quand il a eu ça dans les mains, n’a pas pu se taire, c’était trop énorme, un pauvre type au bagne alors qu’il n’a rien fait, et il en a parlé à Scheurer-Kestner, vice président du Sénat, qui va se battre comme un beau diable en faveur de Dreyfus. Toujours est-il que Picquart, par exemple, le 5 janvier 1895, lorsqu’on dégradait Dreyfus, a eu cette réponse à un camarade qui s’étonnait que le malheureux fixe si attentivement ses galons jetés au sol : “Mais enfin, c’est un juif. Et les galons, c’est du tissu. Alors, il compte. Tant de centimètres, ça fait tant d’argent”. Alors, Picquart, dans le camp des gentils tout rose, tout bleu, tout mignon, ça reste à voir.

“Mais Carte de Séjour [l'ancien groupe de Rachid Taha], c’est l’interprète original de Douce France” – Entendu alors qu’on cherchait, à l’oreille, qui chantait la reprise de la chanson de Charles Trenet.

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