Phrases authentiques, datant du 26 juin 2008 et des jours précédents…
“Si je suis ici, c’est parce que je suis plus que jamais convaincu que la sécurité d’Israël ne sera vraiment assurée qu’avec la naissance d’un deuxième Etat, l’Etat palestinien. Un accord est possible demain et cet accord permettra aux deux peuples de vivre côte à côte dans la paix et la sécurité” – Nicolas Sarkozy, le 22 juin, devant la Knesset. Position très louable et idée importante ; les Palestiniens ne s’y sont pas trompés qui ont salué le discours de notre président. Mais tout de même, il y a deux hics (le pluriel de ce mot n’existe pas, mais bon). 1. C’est bien joli de dire qu’il faut un Etat palestinien pour qu’Israël puisse vivre en sécurité, mais on attend toujours le gars qui dira qu’il faut un Etat palestinien tout simplement parce que c’est juste. Faut y aller Nicolas, c’est le moment de les sortir la France des droits de l’Homme, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes, 48 et tout ça. 2. Sarkozy ne serait-il pas en train de se foutre tout bonnement de notre poire ? C’est pas lui qui a invité le président syrien pour le 14 juillet ? Un grand promoteur de l’entente israélo-palestinienne ce Bachar el-Assad. Le même gars dit aux députés israéliens : “Faut la paix, j’y crois, c’est possible, laissez-moi faire, j’ai tout le matériel dans la R16″ et il dit aux Français : “J’ai invité mon nouveau pote, un type qui fout le boxon au Liban, copain comme cochon avec l’autre cintré qui dirige l’Iran et qui se soucie de la paix au Proche-Orient autant que je me soucie des handicapés, des retraités, des pauvres, des étudiants, des chômeurs, des clandestins qu’on interne dans des camps, etc”. Elle est pas belle la France ?
“Un cinquantaine de sans-papiers en a profité [de l'incendie du centre de rétention de Vincennes] pour s’échapper” – Entendu pendant le Soir 3 du 22 juin. Alors cessez de rire, charmante Elvire, et tremblez donc, vous dit-on, les sans-papiers sont dans la rue. Pourquoi ils disent “rétention” au lieu de “détention” ? Peut-être parce que, administrativement, pour appeler ça “centre de détention”, il faut justifier de façon judiciaire la détention. Le fait est que les gens qu’on met là-dedans, n’ont rien fait de mal, si ce n’est changer de pays, droit garanti par la Déclaration universelle des droits de l’Homme. Un peu plus, et ils vont nous mettre ces camps dans d’autres pays pour ne pas être inquiétés par la justice.
“En vingt-neuf ans de métier, c’est la première que je subissais un tel outrage. J’ai réagi en père de famille, c’était une réaction spontanée” – L’instituteur jugé pour avoir giflé un élève de 11 ans. L’outrage, c’est d’avoir entendu l’élève le traiter de “connard”. Il lui en faut peu pour se sentir outragé, surtout par un gosse. Il fait dans le lyrique. En même temps, un type qui spontanément réagit par la violence, faut éviter de lui confier une classe. D’autant que si on en croit les autres élèves de sa classe, l’insulteur réagissait au fait que l’instituteur ait balancé toutes ses affaires – celles de l’élève – par terre avant de le trainer au fond de la classe.
“C’est impressionnant, l’intelligence juive” – Henri Guaino, à Nicolas Sarkozy, pendant leur visite du mémorial de Yad Vashem. Bon, c’est confirmé, BHL avait raison : Guaino, qui a écrit le discours de Dakar, est bel et bien raciste.
“La cinquantaine de femmes qui ont participé à cet essai étaient de tous âges et de toutes nationalités, en maillot de bain, sans signe distinctif. On a voulu leur tendre la main et je regrette que les gens ne soient pas plus tolérants” – Le maire divers gauche de La Verpillière qui a finalement décidé d’abandonner le principe d’horaires de piscine réservés aux femmes. C’est vrai, c’est pas d’jeu. Vous avez un maire qui vous sort : “Toi tu peux pas entrer, t’as pas les bons chromosomes” et des gens intolérants qui osent répondre : “Non mais ça va pas la tête !” Si elles veulent se baigner dans leur coin, parce qu’elles veulent pas qu’on les regarde, elles se creusent un bassin et puis basta. D’autant que les piscines sont financées par les impôts, alors faut pas pousser non plus. Et pourquoi pas des plages réservées aux femmes ? Et d’autres réservées aux hommes qui complexent sur la taille de leur sexe qu’on entrevoit à la forme du maillot ? Il vient taxer les opposants à sa décision d’intolérance alors qu’il défend une position on ne peut plus machiste.
“Vous savez pourquoi les Hollandais jouent en orange ? Parce que la famille royale est la famille d’Orange. Mais c’est bizarre, parce que sur leur drapeau, c’est du rouge” – Frank Leboeuf, avant la rencontre Pays-Bas – Russie. Bon, on dit les Néerlandais, pas les Hollandais. Et à l’origine, le drapeau des Provinces-Unies (devenues ensuite les Pays-Bas) était orange-blanc-bleu. Or, les Provinces-Unies étaient une grande puissance maritime avec notamment la VOC (Compagnie Unie des Indes Orientales) qui a commis l’invasion de Ceylan, de l’Indonésie (capitale : Batavia, devenue Djakarta) et de l’Afrique du Sud. Le problème, c’est que sur la mer, entre les rayons du soleil, la réverbération de la lumière sur l’eau et les mouvements du drapeau, le orange ne se voyait pas. On l’a donc remplacé par du rouge.
“Kovaleinen qui revient à grandes enjambées sur Trulli” – Entendu pendant le grand prix de France de formule 1, sur TF1. Ne niez pas, je sais que vous imaginez en ce moment une formule 1 avançant à grandes enjambées.
