“Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays” (article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme)
Anis arrive de Tunisie en 2004. Il s’installe dans l’Essonne. Discret, sérieux, travailleur, toujours souriant, il obtient haut la main son CAP de plomberie et est admis directement en bac pro.
Ce lundi, Anis rentre tranquillement chez son oncle, à Villejuif, chez qui il passe ses vacances. En sortant de l’ascenseur, il sent une odeur bizarre. Anis aurait pu se dire : « Bof, c’est pas mon problème ». Mais Anis n’est pas comme ça. Il frappe à toutes les portes pour trouver l’origine de l’odeur. Rien d’anormal dans le couloir. Il grimpe à l’étage supérieur. De la fumée s’échappe sous la porte d’un appartement. Il frappe, appelle. Personne ne répond. Les voisins lui disent que c’est une vieille dame de 96 ans, handicapée, qui habite dans cet appartement et qu’elle est certainement bloquée à l’intérieur. Anis comprend qu’il faut faire vite. Il court prévenir le gardien, appelle les pompiers. La vieille dame est sauvée.
L’appartement était en flammes. « Quelques minutes de plus et c’était trop tard », commente l’adjudant chef. Une des voisines de la famille discute avec Anis et apprend que son dossier de demande de titre de séjour est en cours d’instruction. Elle contacte la préfecture de l’Essonne pour l’informer de l’acte de citoyenneté du jeune homme. « Nous allons voir ce que nous pouvons faire pour lui », lui répond-on. C’est vite vu. Quelques jours plus tard, Anis reçoit une obligation à quitter le territoire français.
Mais revirement : le 19 mai, suite à la mobilisation, Anis obtient un permis de trois mois. Il attend maintenant d’être convoqué pour passer une visite médicale et obtenir une carte de séjour d’un an.
Réseau Education Sans Frontières (www.educationsansfrontieres.org) et Charlie hebdo