Phrases authentiques, datant du 23 mai 2008 et des jours précédents…
“On chante ensemble” – Bernard Kouchner, durant l’émission “politique” de France 2 A vous de juger, jeudi 15 mai. Il répondait à la question d’Arlette Chabot : “Que faites-vous avec le président ?”. En bonne journaliste, elle a enchainé : “Et vous chantez quoi ? Du Johnny ?” Et Kouchner, qui connaît bien ses dossiers : “Non, c’est très difficile de chanter du Johnny”.
“Un référendum peut être organisé à l’initiative d’un cinquième des membres du Parlement, soutenus par un dixième des électeurs inscrits sur les listes électorales, prévoit le texte. Cette disposition, réclamée de longue date par la gauche, n’apparaissait pas dans le projet de loi initial et avait été proposée par le comité Balladur. En début de semaine, le Premier Ministre, François Fillon, s’y était déclaré favorable” – Extrait d’un article du Monde du 22 mai sur l’adoption par le parlement du référendum d’initiative populaire. Elle a une drôle de tronche la gauche qui ose réclamer des trucs pareils. C’est confondant de bêtise. Ils sont en train de nous préparer un beau régime où le parlement s’occupe de tout jusqu’à l’asphyxie et au bourbier total qui mécontente tout le monde, où l’exécutif fait tapisserie et où la République devient de plus en plus plébiscitaire. Jusqu’à ce que le plébiscite tourne en faveur de l’exécutif perçu comme le sauveur providentiel, bien entendu ; en général, c’est comme ça que ça finit. Encore une de ces idées qui sous prétexte de redonner le pouvoir au peuple (qui l’a déjà) conduit à le laisser à la minorité la plus active et la plus bruyante. On comprend pourquoi ils réduisent les postes dans l’Education Nationale : si on peut éviter de faire de l’instruction civique, et aussi de l’histoire pour ne pas trop parler du gang Bonaparte, c’est toujours ça de pris. Et avec de tels procédés, il ne manque plus qu’un ou deux meurtres d’enfants pour qu’on nous demande de voter oui ou non au rétablissement de la peine de mort. Peut-être qu’un jour comprendront-ils que la politique, c’est une fonction (ou un métier) à part entière et que c’est pour cela qu’on demande au peuple de déléguer et non pas de décider.
“Il y a moins de gens [fortunés] qui partent parce que la fiscalité a évolué” – Eric Woerth, sur RMC, lundi 19 mai. Alors, comment, je comprends plus ! On nous a dit que les réformes fiscales conduites depuis mai 2007 étaient destinées aux moins riches, c’est-à-dire, en langage normal, aux pauvres. Merci Eric pour l’aveu, dont on n’avait pas besoin au reste. Peut-être un jour, aussi, quelqu’un osera dire tout net que ceux qui se tirent avec leur argent pour ne payer d’impôts sont des salopards, point à la ligne. Des tocards de premier ordre. Et pourquoi veut-on qu’ils reviennent ? Ils partent pour ne pas payer d’impôts, pour garder leur argent. Alors, si on baisse les impôts pour qu’ils restent ou reviennent, ça marchera peut-être, mais ils ne dépenseront pas plus leur argent, puisqu’ils pourront le garder tranquillement ici. Si ces gens-là étaient des investisseurs et des gens qui font tourner le pays dont on a absolument besoin, comme on nous les présente, pourquoi mettent-ils leur argent sur des comptes au lieu d’en faire profiter la collectivité ? Mais présenter la gauche comme l’accapareur, le suceur de richesse qui prend l’argent partout, surtout quand on l’a gagné à la sueur de son front et à la force du poignet, ça marche !
“On n’expulse pas un joueur à quatre minutes de la fin dans une finale de la Ligue des Champions” – Christian Jean-Pierre, sur TF1, suite à l’expulsion de Didier Drogba lors du match Manchester United – Chelsea du mercredi 21 mai. Ben tiens, on va se gêner. D’autant qu’il l’avait bien méritée son expulsion. Christian Jean-Pierre réussit l’exploit d’être encore plus nul que Thierry Roland et Thierry Gilardi réunis. C’est quand même le seul commentateur à ce point chauvin qu’il est capable de nous parler pendant tout le match des joueurs français qui sont sur le banc de touche.
“Didier Drogba est rentré directement aux vestiaires suite à son expulsion” – Le même, à la même occasion, nous annonçant cela d’un ton empressé et emballé comme s’il nous annonçait un scoop ou nous révélait un fait de match d’une importance rare. En même temps, il était un peu obligé, c’est le règlement. C’est sur TF1 l’Euro ? Ca promet…
“Merci l’OL” – Lu sur une pancarte accrochée à l’Hôtel de Ville de Lyon, place des Terreaux, suite au titre de champion de France remporté par le club. Merci pour quoi ?
“Recrute vendeur(e)s” – Lu dans une vitrine du centre commercial de la Part-Dieu à Lyon.