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Archive de 2 mai 2008

L’expulsé de la semaine – Merci patron (quel plaisir de travailler pour vous…)

Posté par marrickevin le Vendredi, 2 mai, 2008

“Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays” (article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme)

Oumar Hatié a fui la Mauritanie et est arrivé en France en 2004. La France reconnaît le statut de réfugié politique à son frère mais, inexplicablement, déboute Omar. Le préfet de l’Oise émet alors à son encontre une obligation de quitter le territoire français. S’il est expulsé vers la Mauritanie, il sera en danger, mais aussi isolé et démuni, ses parents sont décédés. Il a été arrêté à Beauvais le mardi 11 mars 2008 et placé au centre de rétention administrative de Lesquin.

Oumar travaillait depuis le 27 février à la société NET 2000, à Beauvais. Mardi matin, alors qu’il se rendait vers les immeubles qu’il a habituellement mission de nettoyer, son patron lui téléphone : « Passe d’abord à mon bureau ». Parvenu au siège de l’entreprise, Oumar découvrira trois policiers de la police de l’air et des frontières venus l’interpeler. Il sera aussitôt menotté, sans que son patron daigne lui donner un mot d’explication.

Si un employeur doit, selon les instructions des pouvoirs publics, transmettre à la préfecture les papiers de l’étranger qu’il recrute, rien bien sûr ne l’oblige à collaborer avec la police pour piéger son salarié.

La politique gouvernementale en matière d’immigration réveille les aspects les plus sombres de la nature humaine : exploitation, chantage, délation.

Réseau Education Sans Frontières (www.educationsansfrontières.org) et Charlie Hebdo

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Archimède – Génériques

Posté par marrickevin le Vendredi, 2 mai, 2008

Génériques
par DenisVan Waerebeke et Valérie Perez

5 juin 2002, les médecins français et l’Assurance Maladie signent un accord officiel : « Si tu mets au moins 12,5 % de médicaments génériques dans ton ordonnance alors tu as le droit d’augmenter le tarif de ta consultation ».

Pourquoi a-t-on tant de mal à faire accepter les génériques en France alors qu’ils sont 30 à 50 % moins chers que leur équivalent classique ? Pour comprendre ce qu’est un générique et le pourquoi de cette différence de prix, penchons-nous sur le prix de revient d’un médicament. On sépare le coût de fabrication (machines, usines, matières premières) et le coût de développement (jusqu’à 15 ans de recherche, de tests cliniques, etc.), pour développer une molécule originale. Quand un laboratoire met au point un médicament nouveau – qu’on appelle un “princeps” – il obtient un brevet qui lui en donne l’exclusivité pendant 20 ans ; le temps de rentabiliser son investissement de recherche. Ensuite, le “princeps” tombe en quelque sorte dans le domaine public : il peut être copié et fabriqué par les autres laboratoires. On parle alors de médicament générique, du latin “genus” : genre, qui ne porte pas de nom spécifique. Du point de vue du prix, on retire – logiquement – une grande partie du coût de développement, et on obtient le même médicament, en moins cher ! Le même c’est vite dit ! Il ne ressemble pas à l’autre, il n’est pas dans la même boite et il ne porte pas le même nom. D’ailleurs, s’il se vend moins bien, c’est bien qu’il est différent, non ?

Reprenons depuis le début. Un médicament se compose d’un principe actif qui fait tout le boulot, et d’un excipient, qui ne fait rien, c’est-à-dire que c’est une substance neutre, généralement du sucre, qui est juste là pour faciliter l’absorption du principe actif. Si on compare un princeps et son générique, on voit que seul l’excipient est différent : le principe actif est absolument identique. Le médicament générique soigne et soulage donc de la même manière que le princeps. Le générique doit en plus avoir la même forme pharmaceutique – par exemple gélule, suppositoire ou crème – le même dosage, la même intensité et la même vitesse d’absorption. Pour le patient, la durée du traitement, et les effets secondaires éventuels sont les mêmes. Génériques et princeps sont d’ailleurs tellement identiques que parfois c’est la même société et les mêmes usines qui fabriquent l’un et l’autre, comme chez Bayer ou Aventis par exemple.

Pourtant, certains médecins pensent qu’à cause de son excipient différent, un générique pourrait provoquer des problèmes de tolérance, voire des risques allergiques ! D’où une certaine réticence face aux génériques. Pourtant, tout cela est très contrôlé : pour obtenir une autorisation de mise sur le marché, même la bonne vieille aspirine – le plus commun des génériques – doit passer par tout un tas de tests et de contrôles.

Le problème, il est peut-être ailleurs : à force d’être remis en question par les uns ou les autres, le générique finit par avoir mauvaise réputation ! Oui, enfin, la “réputation” comme vous dites ne change rien à l’efficacité d’une molécule ?!? Eh bien détrompez-vous ! Observons un malade. On voit que la prise de médicament est intimement liée à la psychologie. C’est le fameux effet placebo : indépendamment de l’efficacité réelle d’une molécule, le seul fait d’absorber quelque chose qui vous a été prescrit ou conseillé peut suffire à vous guérir. Bref, la confiance soigne ! Et la confiance va plutôt au médicament que l’on connaît déjà, vu à la télé et qui coûte cher, plutôt qu’à celui qu’on connaît pas. Juste à cause d’un préjugé, un générique serait moins efficace qu’un médicament classique ? Voilà un préjugé qui coûte cher !

Aux Etats-Unis, 50 % des médicaments prescrits sont des génériques, 35 % en Allemagne ou au Royaume-Uni, 5 % en France. En fait, l’utilisation des génériques est inversement proportionnelle à la couverture médicale : seulement un Américain sur deux a accès à des soins totalement remboursés, contre 4 français sur 5. Voilà sans doute l’une, si ce n’est la raison de l’échec actuel des génériques en France. Mais comment faire changer les choses ?

Première solution : supprimer la sécurité sociale, pour inciter financièrement les consommateurs à préférer les génériques. Deuxième solution : injecter aux Français une bonne dose de civisme qui provoquerait aussitôt une envie irrépressible de réduire le trou de la Sécu. Troisième solution – possible techniquement : forcer médecins et pharmaciens à prescrire et à vendre 80 % de génériques. Quatrième solution : rembourser les médicaments à hauteur du prix des génériques.

A vous de choisir. Ou d’imaginer autre chose !

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