Marrick & Kevin’s Weblog

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Archives pour avril 2008

Archimède – Réaction chimique

Posté par marrickevin le Lundi, 28 avril, 2008

Réaction chimique
par Gilles Roqueplo et Hervé This

La chimie ? C’est très simple… si on admet l’existence des atomes et des molécules. Et l’existence des molécules s’impose dès que l’on verse un liquide. Prenons un verre d’eau. On l’incline, l’eau coule. Prenons maintenant un verre qui contient des petites billes. On l’incline… les billes coulent. Avec des objets de formes plus tarabiscotées, on observe également l’écoulement. Vous en faut-il plus, pour admettre que l’eau est composée de trucs nommés molécules d’eau ? « Pourquoi pas ? pensez-vous, mais de quoi sont faites les molécules ? » Réponse : d’atomes. Prenez une molécule d’eau grossie des milliards et des milliards de fois : la forme au centre, c’est ce que l’on appelle un atome d’oxygène. Les deux formes plus petites, ce sont des atomes d’hydrogène. Quoi de plus simple ? L’eau est composée de molécules, et chaque molécule est composée d’atomes.

Les chimistes sont ces personnes qui prétendent avoir une activité sérieuse, mais qui, dans le secret des laboratoires, jouent au mécano : avec des atomes, ils fabriquent des molécules. Et ils n’ont pas fini de jouer, car ils disposent d’un peu plus de cent sortes d’atomes, avec lesquels ils font des molécules de toutes sortes. Tiens, par exemple, le nylon. On le fabrique en faisant réagir des molécules de deux sortes : l’acide adipique et l’hexaméthylène diamine. C’est tout simple : les sphères noires sont des atomes de carbone, les sphères rouges des atomes d’oxygène, le bleu, c’est l’azote et le blanc, l’hydrogène. Quand on met ces deux corps ensemble, la réaction se fait toute seule : les molécules s’enchaînent par leur extrémité, tandis que des atomes d’oxygène et d’hydrogène partent sous la forme de molécules d’eau. Je vous l’avais dit : un jeu de construction. Quand on s’y prend bien, on récupère un fil fin, fin, fin…

Cette histoire de nylon vous paraît compliquée ? Je vais vous donner plus simple : quand on ajoute un acide, comme l’acide acétique qui donne son acidité au vinaigre, et un alcool, comme l’alcool éthylique, qui est ce qu’il y a de bon dans les spiritueux, on fait une réaction tout à fait analogue : certains atomes d’oxygène et d’hydrogène se lient également en molécules d’eau tandis que des molécules nouvelles se forment : cette fois, elles ne font pas de fils, mais ont une odeur très agréable.

Quoi ? Vous voulez encore plus simple ? Pas de problème : vous prenez de l’acide chlorhydrique, en vente dans toute les bonnes drogueries. Ajoutez-y de la soude caustique, également en vente dans les drogueries, et vous obtenez du sel, oui, du sel (NaCl), formé d’atomes de sodium (Na) et d’atomes de chlore (Cl).

La chimie est-elle une science abominable, comme le disent ceux qui ne la connaissent pas ? A ce compte, nous sommes tous des affreux : quand nous faisons un feu de bois, nous faisons une réaction chimique qui forme du dioxyde de carbone et de l’eau ! Et dans le fond, nos organismes ne sont que des tubes à essai : notre corps transforme l’oxygène que nous respirons en dioxyde de carbone que nous expirons. Tous les végétaux, tous les animaux, les êtres humains compris, ne fonctionnent que par des réactions chimiques. Alors, vous voyez bien : la chimie, il n’y a rien de plus naturel !

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Archimède – Mensuration

Posté par marrickevin le Samedi, 26 avril, 2008

Mensuration
par Victor Lévy-Lasne et Vincent Gaullier

Mesurer, jauger, compter : le centimètre est roi. Que ce soit avec la police scientifique et ses fiches anthropométriques dans lesquelles on trouve l’anatomie des criminels dimensionnée dans le moindre détail, que ce soit avec les professionnels de l’habillement et leurs campagnes nationales de mensurations, on compte et recompte les centimètres. Mais depuis 30 ans : rien, plus de fiches de police, plus de campagne nationale. Le grand vide. Impossible alors de vérifier si le Français étalon n’a pas un peu vieilli. D’où la pertinence d’un nouveau passage au crible, qui s’est terminé fin 2003. Pour faire un relevé précis de nos mensurations. 22 points ont été pris en compte : tour de cuisse, hanches, tour de tête,… Les femmes ont ainsi été calibrées, les hommes aussi. Au total, 10 000 Français sont passés sous une toise high-tech, une sorte de cabine scanner 3D, installée dans des centres commerciaux.

Pourquoi tout cela ? Les tailleurs industriels et autres habilleurs professionnels voulaient savoir si nos genoux tenaient dans nos protections anti-chutes, si nos têtes s’inscrivaient bien dans nos casques anti-chutes. Si nous rentrions bien dans nos shorts en lycra ou encore dans nos supers tee-shirts anti-transpirants. Mais est-ce que tout cela ne va pas permettre surtout de mesurer l’écart qui existe entre le corps que l’on voudrait avoir et la réalité de nos personnes ? En effet si l’homme, du moins le Français, a gagné en hauteur deux centimètres – pas par le tronc, mais par les jambes – son tour de taille aussi aurait, semble-t-il, connu une inflation inversement proportionnelle au dictat des nouveaux canons de la beauté. Allez roulez jeunesse.

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Archimède – Loto

Posté par marrickevin le Vendredi, 25 avril, 2008

Loto
par Gilles Roqueplo et Philippe Boulanger

Plus un pays est pauvre, plus les jeux d’argent prospèrent : en France, le développement des jeux, le Loto, le TacOtac, le Poker et autres Black jack, a coïncidé avec le début de la crise économique, et c’est à Harlem, le quartier le plus pauvre de New York, que les loteries sont les plus florissantes.

Au Loto, vous devez choisir 6 numéros parmi 49. Rien de plus facile. Quelle est la probabilité de gagner le gros lot ? Il y a treize millions neuf cent quatre-vingt trois mille huit cent seize combinaisons de 6 numéros choisis parmi 49 et une seule de ces combinaisons est la bonne. Donc vous avez environ une chance sur 14 millions de gagner le gros lot. C’est extrêmement peu.

La probabilité d’avoir un grave accident de voiture est 2 000 fois plus forte que celle de gagner le gros lot, pourtant vous estimez certainement que la probabilité de périr en voiture est négligeable : la preuve, vous utilisez votre véhicule ! Inversement vous pensez que la probabilité de gagner au Loto n’est pas si petite puisque vous pariez. Ainsi est la nature humaine : nous surévaluons la probabilité des événements favorables et nous sous-estimons la probabilité des événements défavorables.

Examinons si le Loto est équitable. Pour qu’un jeu soit équitable, il faut que les sommes pariées soient intégralement reversées aux joueurs. Les chiffres du premier tirage du samedi 4 mai 1996 sont éloquents. Le total des sommes payées aux joueurs qui ont gagné est de 25,5 millions de francs. Comment évaluer le nombre de mises ? En multipliant le nombre de gagnants du gros lot par la probabilité de le gagner. Il y a deux gagnants du gros lot et comme la probabilité de le gagner est de une sur 14 millions, on déduit qu’il y avait environ 28 millions de mises de 2 francs, soit une somme pariée totale de 56 millions de francs. On peut affiner cette évaluation du nombre de mises en examinant le nombre de gagnants des autres rangs – 3,4,… bons numéros – et en le multipliant par leur probabilité de sortir. En définitive 42,5 % des mises sont reversées. L’organisation du Loto et les impôts prélèvent plus de la moitié des enjeux. Même si le jeu était équitable, c’est à dire si l’intégralité des mises était reversée aux joueurs, vous risqueriez d’être ruiné avant de gagner le gros lot. C’est le théorème de la ruine certaine : vous avez toutes les chances de devoir miser, et perdre, plusieurs millions de francs avant de gagner avec cinq ou six numéros. Cela étant, d’heureux élus gagnent.

Est-il possible de choisir votre grille mieux que les autres parieurs ? On trouve dans des journaux les fréquences de sortie des nombres gagnants du Loto : certains joueurs pensent qu’il faut jouer ces nombres “chanceux”. D’autres parieurs croient qu’il est préférable de jouer les nombres qui ne sont pas encore sortis, en arguant de la compensation : puisque tous les numéros doivent sortir avec la même fréquence, ceux qui sont restés longtemps sans apparaître seraient plus probables. Les deux raisonnements sont faux : le hasard n’a ni mémoire ni conscience. Peu de joueurs parient des nombres comme 1, 2, 3, 4, 5, 6 car ils présentent une belle régularité, ce qui les rend improbables aux yeux de beaucoup. Aussi vous avez avantage à les choisir, vous serez moins nombreux à gagner le gros lot, sauf si nombre de joueurs à l’esprit logique ont la même idée. Mais ceci est une autre histoire.

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C’est pas moi qui le dis – 15ème épisode

Posté par marrickevin le Jeudi, 24 avril, 2008

Phrases authentiques, datant du 24 avril et des jours précédents…

“Tout le monde est pour la réforme. Je ne connais aucun responsable politique qui dise être contre ; ça devient très difficile d’être conservateur, et même révolutionnaire ! Le débat est évidemment : quelle réforme ?” – François Hollande, durant un chat sur le site du Monde, le 18 avril, sur le thème de la réforme en France. Eh bien tout de même ! Enfin un qui dit que, peut-être, si la population est contre une réforme ou une autre c’est tout simplement parce qu’elle sent l’arnaque à plein pif.

“Le chemin parcouru est saisissant : on est passé de la figure d’intellectuel critique qui interroge cette machine productrice de frustrations et d’inégalités au technocrate qui met de l’huile dans la machine. Toute l’évolution de la gauche est là, dans le passage d’une pensée ouverte sur l’imagination et la pensée critique à une pensée étriquée, engoncée dans des cadres uniformes des professionnels de la politique. La gauche a perdu le contact avec le choc des idées, avec les mouvements sociaux, avec le mouvement des sociétés. Elle s’est enfermée dans un processus d’aseptisation intellectuelle” – Philippe Corcuff, professeur à l’IEP de Lyon, à la même occasion. A première vue, ça paraît bien vu et mettant le doigt là où il faut. Mais il s’agissait d’un chat et le bonhomme répond avec une réponse qui sent le texte préparé et qu’il aurait placé de toute façon. Dénoncer les professionnels de la politique qui en vivent avec l’unique objectif de pérenniser cet état de choses, c’est bien joli, encore ne faut-il pas être un professionnel de la pensée qui vit des professionnels de la politique.

“En France aujourd’hui, 10 % des plus riches possèdent 46 % de la fortune nationale ; 50 % des moins riches en possèdent à peine 7 %. Qui parle aujourd’hui de la réforme de cette inégalité des patrimoines ? Personne” – Le même, à la même occasion. C’est quoi un “moins riche” ? La même chose qu’un “plus pauvre” ? Et ces 50 %, ça fait combien de personnes ?…

“Les réformes sont urgentes parce que les Français les attendent” – Xavier Bertrand, à la même occasion. Alors admettons que demain, les Français manifestent en masse pour entrer en guerre avec le Costa-Rica ; déclarer la guerre serait alors urgent. Supposons qu’un 6 février 1934, des Français manifestent pour abattre le parlementarisme, il serait urgent de réformer le mode de gouvernement de la France. Etc, etc.

“Quand on parle des difficultés à mener des réformes dans ce pays, il ne faut pas négliger le rôle de l’opposition” – Le même, à la même occasion. Mais énorme quoi ! Le gars nous explique que si depuis 6 ans les réformes n’ont pas avancé, c’est à cause de la gauche, laquelle n’est pas au pouvoir et dont les votes au parlement sont sans effet puisque l’UMP détient la majorité des sièges.

“Lorsque les gouvernements des pays d’émigration eux-mêmes nous demandent de ne pas piller leurs forces vives, faudrait-il refuser de les écouter et de gérer les flux migratoires avec eux de manière concertée” – Brice Hortefeux, dans une tribune parue dans Le Monde le 24 avril. Ah, les fameuses forces vives… On notera bien, donc, que des gens qui traversent la mer sur des rafiots, certains y restant, et qui arrivent sur les côtes européennes avec l’espoir d’y trouver une vie meilleure sont les forces vives de l’Afrique (parce qu’il s’agit de cela). Si eux sont les forces vives, ceux que la France entend choisir doivent être encore d’un rang bien supérieur donc. Et c’est sans honte que Hortefeux nous explique qu’il ne va pas piller l’Afrique de ses pauvres et indigents (les forces vives) ; par contre, les autres, ils peuvent venir, pas de problème. Il a une curieuse conception du pillage cet homme-là.

“Les CRA [Centres de rétention administrative] existent quasiment aujourd’hui dans toute l’Europe et, s’ils n’existaient pas, l’alternative serait la prison, comme c’est déjà la cas ailleurs dans le monde. J’ajoute que la personne retenue, qui séjourne en moyenne douze jours en CRA, bénéficie de conditions de vie beaucoup plus libérales que celles d’un détenu” – Le même, à la même occasion. Encore heureux qu’elle a de meilleures conditions qu’un prisonnier : elle n’a rien fait de mal ! Deux arguments formidables ici. 1. On le fait aussi ailleurs. Mon voisin le dit, c’est que ça doit être vrai. Il y a des pauvres dans tous les pays, c’est bien que c’est normal. 2. C’est pas si pire ici que ça l’est ailleurs. Etre un salaud, ce n’est pas grave, du moment qu’on l’est un peu moins que le salaud d’en face. Et fantastique la personne qui “séjourne” en CRA. Quand on séjourne quelque part, on peut s’en aller quand on veut. Hortefeux arrive à mettre dans la même phrase, à propos de la même personne, “retenue” et “séjourne”.

“Quelle est la méthode ignoble qui consiste à imputer la mort d’immigrés clandestins à la police alors que la police était présente sur les lieux du drame pour de toutes autres raisons que la lutte contre l’immigration régulière ?” – Le même, à la même occasion. Il fait référence, entre autres, au cas de cette dame s’étant jetée par la fenêtre en entendant la police arriver, laquelle venait contrôler son bailleur. Il a raison : la police, dans le cas présent, n’y est pour rien. Par contre, la politique de la tête à claques Hortefeux et ses consignes oui. Amusant de constater comme les forces vives d’un pays préfèrent se tuer en sautant par la fenêtre ou dans une rivière plutôt qu’être renvoyées dans un pays qu’ils ont tout fait pour quitter.

“Il [Nicolas Sarkozy] a renoncé à se rendre sur place [près d'Arras, dans la commune où 148 tombes musulmanes ont été profanées] pour cause d’intervention télévisée jeudi soir” – Extrait d’un article paru sur le site du Monde le 24 avril. Ce qu’on apprécie chez Sarkozy, c’est son sens des priorités.

“Il y a un an tout juste, les Français élisaient Nicolas Sarkozy” – Entendu sur France Inter le 22 avril. Non, Nicolas Sarkozy n’a pas été élu au premier tour. La psychanalyse a encore de beaux jours devant elle.

“72 % des Français sont mécontents de l’action de Nicolas Sarkozy depuis un an” – Résultat d’un sondage paru cette semaine. C’est tout ?

“38 % des 55 – 65 ans sont sans emploi” – Entendu sur France Info le 18 avril. En même temps, la retraite est à 60 ans…

“Ayant banni Dieu, il [le régime nazi] est devenu réfractaire à tout ce qui est bon et vrai” – Benoît XVI. Au-delà de l’incroyable imbécillité que véhicule le propos, on se souviendra que Nicolas Sarkozy a tenu, lors d’un discours devant le CRIF, exactement les mêmes propos sur les totalitarismes du XXème siècle.

“La sympathie n’est pas une valeur morale. On peut être sympathique et avoir des idées dangereuses. Les leaders d’extrême droite qui passent à la télé, comme Marine Le Pen, sont éminemment sympathiques. C’est pour ça qu’ils sont dangereux” – Jean-Paul Rouve sur le plateau de “T’empêches tout le monde de dormir”. Il a dit cela pour se justifier d’avoir fait un film sur Spaggiari, cerveau du casse de Nice, le montrant en fanfaron imbu de lui-même et cherchant la gloire (ce qui n’est que la réalité). Où on en est quand même dans ce pays de cons ! à casser les pieds aux gens pour des trucs pareils. D’autant que son film – qui est d’ailleurs plutôt réussi – ne fait l’apologie de rien du tout (pas même de Spaggiari) et ne passe pas sous silence ses opinions d’extrême droite. Et on ne va pas de plaindre de sortir un peu du politiquement correct.

“Dans cette partie, on a vu 22 joueurs à fond de cale” – Entendu sur RMC le 19 avril pendant la retransmission du match de Ligue 1 Lens – Sochaux. Allez savoir ce qu’ils pensent ces mecs-là.

“L’un est sur le podium, l’autre veut y monter. Toulouse, deuxième, reçoit Clermont, premier” – Entendu sur France Info le 19 avril.

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L’expulsé de la semaine – Avion + bâillon = expulsion au carré

Posté par marrickevin le Mercredi, 23 avril, 2008

“Toute personne a le droit de circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat. Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien, et de revenir dans son pays” (article 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme)

Sikou Sacko est tombé dans la rafle massive du foyer Terres-au-Curé à Paris, le 12 février. Il a été libéré, mais il est toujours sans papiers. Un mois plus tard, le 11 mars, il est arrêté de nouveau dans la rue. Le surlendemain, le juge des libertés le maintient en rétention quinze jours au CRA (Centre de Rétention Administrative) de Vincennes. Il fait appel le 17. Appel rejeté. Le samedi suivant, il tombe dans un escalier du centre de rétention et est emmené à l’hôpital le dimanche. Il y restera vingt-quatre heures et en ressortira avec le genou plâtré et une minerve. Au terme des quinze premiers jours de rétention, il se rend devant le juge qui doit statuer sur son sort. Devant son état physique, celui-ci ordonne une visite médicale, mais il prolonge néanmoins la rétention de quinze jours. A la demande du médecin du CRA qui l’ausculte, rendez-vous est pris à l’hôpital le 4 avril pour des examens complémentaires. Mais c’est le 1er avril que l’administration d’Hortefeux décide de l’expulser malgré les contre-indications formelle dues à son état. A cause de sa jambe plâtrée, de la station assise prolongée et de la pressurisation de l’appareil, le voyage en avion multiplie par cent les risques d’embolie, d’autant qu’il n’a aucun traitement anticoagulant.

Malgré son état, aucune protestation des passagers à bord… Et pour cause ! Lors du coup de fil que Sikou a donné, de Bamako, aux soutiens de RESF, le 2 avril au matin, il a expliqué que pendant tout le trajet (5 h 30) il était resté bâillonné.

Réseau Education Sans Frontières (www.educationsansfrontières.org) et Charlie Hebdo

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Archimède – Jansky

Posté par marrickevin le Mardi, 22 avril, 2008

Jansky
par Xavier Brillat et Bruno Léandri

On va dire que nous sommes en 1931 dans les ateliers de la compagnie Bell Telephone aux Etats-Unis. On va dire que le monsieur qui est là s’appelle Karl Jansky et que c’est un ingénieur. Son travail est de chercher pourquoi il y a des parasites sur les transmissions téléphoniques transatlantiques qui passent par les ondes courtes, donc par une antenne.

Il commence par tripoter son antenne et il la nettoie, car ces interférences radio ne sont pas permanentes. Parfois elles sont faibles, mais elles atteignent un maximum tous les jours à la même heure. Chose curieuse, Jansky note que ce maximum se produit exactement toutes les 23 heures 56 minutes : le temps que met la terre à tourner sur elle-même. Il faudra quelques mois pour que Jansky en déduise que son problème vient du ciel.

Mais la curiosité le pousse à lever la tête au moment où les parasites sont les plus forts. Il mettra deux ans à trouver : le maximum se produit quand la voie lactée passe devant l’antenne, ce sont les étoiles elles-mêmes qui émettent des ondes radio. De cette découverte naîtra la radioastronomie qui devait bouleverser notre connaissance de l’univers. Mais l’histoire ne dit pas comment l’ingénieur a annoncé la bonne nouvelle.

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Les Tibétains remercient le CIO

Posté par marrickevin le Lundi, 21 avril, 2008

Boycotter les Jeux Olympiques de Pékin ! En voilà une belle, une grande, une haute, une noble idée qui ne sert à rien. Le genre de concept fumant qu’on jette de loin pour se donner bonne conscience et avoir l’impression qu’on a fait quelque chose pour gagner le droit de ne plus penser aux raisons pour lesquelles on a appelé au boycott. Il est d’autant plus facile d’appeler au boycott des Jeux Olympiques que ça ne nous concerne absolument pas et que ça ne nous priverait de rien. Quand ça ne nous coûte rien, on ne peut pas appeler ça de la générosité.

Ce qui se passe actuellement en France et un peu partout dans le monde montre dans quel état se trouvent l’information et les consciences. Qui peut feindre aujourd’hui de découvrir que les Tibétains sont opprimés et vivent sous la coupe de l’armée chinoise ? Ce n’est pas nouveau, cela fait cinquante que ça dure. Et qui peut faire semblant d’ignorer que le peuple chinois est lui aussi opprimé et maintenu dans un état de peur permanente ? Il n’y a bien que les anges blancs de la bonne conscience pour oser nous faire croire que tout cela vient de nous péter à la figure et que d’un coup d’un seul les dirigeants chinois ont déployé des foudres de méchanceté et de cruauté contre de gentils moines pacifistes calfeutrés dans leurs monastères éclairés à la bougie sans eau courante ni waters, et qui n’ont même pas une connexion haut débit. L’Etat chinois, son organisation, sa viabilité reposent sur la violence à tous les niveaux, c’est comme ça qu’il tient debout, en emprisonnant des centaines de journalistes, en exécutant à qui mieux-mieux, en plaçant les opposants dans des camps, en privant la population de toutes les libertés qu’il est possible de lui enlever (tant qu’il peut encore bosser et se battre ; c’est tout ce qu’on lui demande. Abrutir une population par le travail pour ensuite mieux la convaincre qu’il faut aller se faire tuer dans un bled à Pétaouchnock, ça marche !) et en roulant sur la gueule de ceux qui ne seraient pas d’accord1. L’information en est réduite, pour répondre aux exigences d’audience, à faire dans le sensationnel et le spectaculaire2. Là, non seulement c’est violent, mais en plus il y a des morts. Non seulement il y a des morts, mais en plus on peut nous faire le coup de David contre Goliath (parce qu’en Afrique, par exemple, c’est moins drôle : quand ils se battent, on ne comprend rien et puis il n’y a jamais un bon gros méchant bien identifiable, alors on est obligé d’expliquer). Non seulement c’est David contre Goliath, mais en plus Goliath ce sont les Chinois, le péril jaune, Peyrefitte, tout ça. La preuve qu’on en est là est toute trouvée : depuis que les journaux nous rebattent les oreilles du périple grotesque de la flamme olympique, on ne nous parle plus du Tibet. Les Tibétains ont bien compris les données du problème : il leur faut profiter de l’exposition de la Chine à l’occasion des Jeux Olympiques pour se faire entendre et pour espérer faire bouger les choses. Aussitôt les Jeux finis, tout redeviendra comme avant. Oui mais, ah ah, rigole-t-on du rire gras et condescendant, ah ah, on nous disait qu’en 36 les JO ferait bouger l’Allemagne nazie et voyez le résultat ! Non mais quel est l’imbécile qui peut oser penser que ne pas aller aux JO de 1936 à Berlin aurait changé quelque chose ? Au contraire, même. Les Hitler et les Goebbels n’auraient pas manqué l’occasion d’en tirer parti : « Voyez ces pleutres ! Latins, capitalistes, bolchéviques et toute la racaille judéo-protestante, ils font les fiers, ils paradent à la SDN, mais quand il s’agit de se mesurer au puissant mâle allemand aux muscles saillants et à la poitrine glabre, il n’y a plus personne ». Au lieu de ça, on y est allé et on – c’est-à-dire Jesse Owens – lui a fait honte à Hitler qui a quitté le stade, ridiculisé. Certes, ça n’a pas changé grand-chose, mais c’est toujours ça3. Nul doute que le régime chinois tirera parti de la moindre victoire d’un de ces athlètes qui, pour le coup, sont dans une situation pour le moins inconfortable.

Il est bien facile, d’ici, de demander le boycott, parce que ça ne nous priverait de rien. Seulement, le perchiste qui s’entraîne depuis quatre ans pour y aller, ça lui pose peut-être un petit problème. D’autant que la solution est autant injuste que dangereuse car le sportif chinois qui voudrait s’associer au mouvement n’a en réalité que le droit de la boucler. Boycotter, c’est bien pour avoir le beau rôle, mais ça n’avance à rien. Certes, les Jeux Olympiques n’ont jamais été une compétition de fraternité et de philanthropie pratiquée dans la bonne humeur. Le baron de Coubertin était un nationaliste de première qui pensait les JO comme une compétition entre nations4 et qui voyait dans le sport la possibilité pour l’homme fort de faire triompher sa race (discours que les nazis ont repris par la suite5). Et malgré ce qu’on dit à l’école pour faire briller son étoile dans le petit cœur des petits enfants, il n’a jamais dit que l’important était de participer.

Et puis franchement, ça commence à bien faire de demander sans cesse aux mêmes de faire ce que les Etats ne veulent pas faire. Où a-t-on vu qu’on allait demander aux sportifs de ne pas participer à une compétition pour faire avancer la cause des droits de l’Homme ? Ca suffit cette France d’assistés à la fin. Qu’on y regarde de plus près : les Restos du cœurs, le Téléthon, Handicap international, Reporters Sans Frontières, Perce Neige, et on en oublie. C’est l’Etat qui est assisté, incapable de nourrir tout le monde, de soigner des enfants qui crèvent de maladies orphelines (les termes médicaux nous déroutent parfois mais celui-ci veut bien dire ce qu’il veut dire), d’envoyer des enfants en vacances6, de faire en sorte que des enfants ne sautent pas sur des mines, qui demandent qu’on donne un peu plus au médecin, un peu plus au pharmacien, un peu plus à l’opticien parce qu’il est incapable de gérer son argent (payer plus pour ne pas cotiser moins ; nouvelle devise de la France). Quand Nicolas Sarkozy est allé serrer la louche du président chinois, personne n’est allé gueuler comme un putois qu’il fallait boycotter la Chine. Mais, ouf, on nous a rassuré puisqu’une baudruche comme Bernard Kouchner ou Rama Yade a dû dire, très sérieuse : « Bien sûr qu’on a abordé les droits de l’Homme ». L’honneur était sauf. La seule chose qu’a su faire le gouvernement français pour soutenir les Tibétains, c’est de cautionner le port d’un badge ridicule, écrit en français en plus. Parce que l’objectif, c’est que les Français voient bien qu’on fait quelque chose, pas que les autres puissent lire qu’on les soutient.

Mais quelle honte, ce gouvernement ! Avec leur patrie des droits de l’Homme (mais enfin comment peut accoler ces termes, « patrie » et « droits de l’Homme » ?) et leurs valeurs de la République qu’on met en avant pour mieux les étrangler. Ca, pour les minutes de silence, les hommages, on est fortiche en France. Nicolas Sarkozy qui refuse la « repentance » (comme il dit ; Quand on réfute une bonne idée et la nommant par un mot péjoratif, ça passe mieux) et loue le rôle positif de la colonisation et qui ose ensuite rendre hommage à Aimé Césaire. Sarkozy qui affirme que toutes les femmes opprimées seront défendues par la France et qui n’est même pas capable de donner asile à Ayaan Hirsi Ali. Le même qui nous fait honte en accueillant Kadhafi avec un sourire jusqu’aux oreilles et qui vend du nucléaire à quiconque peut payer7. Certes, en face, ils ne sont guère plus brillants. J’entends bien que le gouvernement actuel reste prudent parce qu’il défend les intérêts supérieurs de la France8, c’est-à-dire le commerce et les banques (comme George Bush qui a déjà annoncé qu’il se rendrait de toute façon à la cérémonie d’ouverture. Les Etats-Unis ont tellement d’argent placé en Chine qu’il n’a pas vraiment le choix…). Existe-t-il encore une gauche en France ? Houlà, question trop ambitieuse. Existe-t-il encore une opposition en France ? La droite française a le meilleur parti socialiste du monde : tellement mauvais, tellement nombriliste, tellement sans idées qu’il n’en a même plus assez pour critiquer le gouvernement.

Heureusement qu’il y a Reporters Sans Frontières et leur très bon président9. Eux, ils avaient prévu le coup. Ils n’ont pas découvert le Tibet parce que les Jeux Olympiques vont se dérouler à Pékin. Et ils ont justement profité de l’occasion. Ils ont ainsi pris des actions dans tous les grands sponsors des Jeux Olympiques, ce qui leur permet d’assister aux assemblées générales et de proposer des mentions relatives au Tibet, aux droits de l’Homme en Chine, etc. Et leur action lors du passage de la flamme olympique ne manquait pas de panache, tandis que les autorités françaises rampaient devant le desiderata des sabreurs chinois. Et on a pu constater une fois de plus que manifester pour les droits de l’Homme et la liberté était, en France, un délit grave, puni de nombreux coups de matraques.

On pourrait aussi arrêter l’hypocrisie, ce serait un bon début. Qu’on boycotte les Jeux Olympiques si on veut mais alors qu’on n’aille plus en vacances dans aucune dictature et qu’on n’aille plus se prélasser dans des palaces pendant que la population autochtone crève de faim, de soif, de maladie ou des trois en même temps, prix de groupe. Et qu’on ne regarde pas le championnat d’Europe de football en Suisse, pays stockant dans ses banques les fraudes et évasions fiscales, l’argent des dictateurs, des trafics d’armes et de drogue. D’après les sondages, la majorité des Français est favorable au boycott. On verra bien les audiences.


1 Comme tous les dirigeants dictatoriaux ou totalitaires – j’ai entendu l’autre jour un débat à la radio pour savoir si la Chine était une dictature ou un Etat totalitaire. Bravo les gars ! on progresse. Prochain débat : peut-on dire que les Chinois ont les yeux bridés ou seulement un peu plissés ? Amenez vos gosses, ça va valoir le coup – donc, comme tous les dirigeants dictatoriaux ou totalitaires, les dirigeants chinois sont loin d’être des imbéciles. La propagande, ça les connaît et la communication est l’antichambre du vice. C’est bien pour cette raison qu’en 1989, lors des manifestations de la place Tiananmen, le conducteur du char devant lequel s’était posté l’étudiant rebelle et complètement stupide, a reçu l’ordre de s’arrêter. On a assisté à un grand moment de l’Humanité : le pouvoir chinois pliait devant un apôtre de la liberté prostré là grâce à un peu de sens moral et à ce qu’il avait dans le calcif. Les caméras ont bien filmé ça, on a applaudi et quand le défilé a repris, l’étudiant en question a pris une balle dans la tête, mais personne ne l’a vu. Merci pour lui. Le monde entier avait vu le pouvoir chinois refuser d’user de la violence devant un seul étudiant demandant plus de liberté. C’était beau.

2 Que dit PPDA quand on l’interroge sur la qualité de son 20 heures ? « C’est le plus regardé de France ». Et à France 2, on répète que l’objectif est d’avoir des chiffres aussi bons que sur TF1.

3 Charlie Chaplin, dans les années 30, avait eu quelques problèmes avec le régime nazi qui interdisait ses films et lui lançait ses sempiternelles diatribes antisémites. Charlie Chaplin y avait très bien répondu en expliquant qu’il n’était pas juif mais qu’il prenait comme un honneur de passer pour tel quand l’insulte venait de l’Allemagne nazie. Nous sommes tous des juifs allemands, c’est Chaplin.

4 Les JO ont été relancés à la fin du 19ème siècle quand les tensions internationales étaient pour le moins vives. Il s’agissait alors de clouer au bec aux Anglais et aux Allemands, avec lesquelles on se chamaillait déjà pour se partager le monde (la mission Marchand, Fachoda, etc).

5 Hitler n’a pas inventé grand-chose si l’on fait le compte de ses emprunts, entre Gobineau, Vacher de Lapouge, Coubertin et Wagner

6 A Paris, on a trouvé la solution : faire croire aux gens qu’ils sont en vacances et on nous a pondu cette balourdise de Paris Plage.

7 Il n’y a qu’une seule chose qui me console dans la première année de mandat de Sarkozy, c’est de penser que, peut-être, ceux qui ont voté pour lui se mordent les doigts et réalisent leur bêtise. Et encore, ce n’est pas trop rassurant car quand on déçoit des gens qui plaçaient beaucoup d’espoir dans leur choix, ils virent rarement du bon côté par la suite. Mais tout de même, cet homme qui a été ministre des Finances du précédent gouvernement et qui découvre qu’il n’y a plus d’argent dans les caisses ; c’en est presque burlesque…

8 Une de ces expressions qui ne veulent rien dire. Il y a aussi : « les intérêts français à l’étranger » ou, mieux, « les forces vives de la France ». A part dans le cinquième arrondissement de Paris où l’on peut distinguer forces vives et forces mortes, je vois mal à quoi ça correspond.

9 M’est souvenir d’un passage, il y a quelques années, de Robert Ménard sur le plateau de « Tout le monde en parle ». Il était venu nous entretenir de la situation des journalistes au Proche Orient. Arno Klarsfeld, le grand démocrate (il s’est présenté aux dernières législatives) avait trouvé amusant, pour lui répondre, de lui jeter son verre d’eau au visage. Ménard, gardant son calme habituel, lui avait simplement demandé pourquoi il avait ça, espérant sans doute un argument valable. Et Klarsfeld de répondre : « J’en avais envie ». Christophe Alévêque, également présent sur le plateau, avait eu une phrase simple mais juste : « Voilà ce qu’on appelle de la crétinerie ».

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Archimède – Percevoir les couleurs

Posté par marrickevin le Lundi, 21 avril, 2008

Percevoir les couleurs
par Gilles Roqueplo et Philippe Boulanger

Pour voir les couleurs, l’oeil humain utilise trois types de cellules, en forme de cônes, qui tapissent la rétine. Chaque type de cône contient un pigment différent. Les cônes à pigments rouges absorbent principalement la lumière rouge, les cônes à pigments verts absorbent surtout la lumière verte, et les cônes à pigment bleu, surtout la lumière bleue. La lumière rouge modifie les pigments des cônes rouges, et ces cônes émettent alors vers le cerveau des signaux électriques qui indiquent l’intensité du rouge. Il en est de même pour les deux autres types de pigments.

Toutefois, chaque type de cônes est sensible à plus d’une couleur : les cônes du vert, par exemple, sont également excités par le jaune ou par le bleu, mais moins efficacement que par le vert. En outre, les courbes d’absorption des pigments se chevauchent. Cela signifie que les couleurs correspondant au chevauchement sont perçues par les cônes des deux types. Une lumière rouge, par exemple, est détectée par deux types de cônes : elle est faiblement détectée par les cônes sensibles au vert et fortement par les cônes sensibles au rouge. Une lumière naturelle est un mélange de nombreuses couleurs d’intensités différentes. Ce mélange est analysé par les cônes.

Quand un type de cône est défaillant chez un individu, par exemple les cônes à pigments sensibles au vert, sa vision est modifiée : il est daltonien. Mais il n’est pas aveugle au vert : il voit ce vert comme du jaune orange, car les pigments rouges sont aussi faiblement sensibles à la couleur verte. Un daltonien automobiliste doit avoir des difficultés pour passer aux feux rouges.

Toutefois même les individus dont les trois types de cônes sont fonctionnels sont incapables de connaître la constitution d’une lumière. Quand nous voyons du jaune, nous ne pouvons pas dire si ce jaune correspond à une lumière uniquement jaune ou à un mélange de couleurs aussi varié que celui de la lumière du soleil. C’est la raison pour laquelle les fabricants d’écrans reconstituent arbitrairement les différentes couleurs à partir de rouge, de vert et de bleu. C’est aussi pourquoi il a fallu attendre Newton pour comprendre que la lumière du soleil était un mélange de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel.

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C’est pas moi qui le dis – 14ème épisode

Posté par marrickevin le Vendredi, 18 avril, 2008

Phrases authentiques, datant du 17 avril 2008 et des jours précédents…

“L’une des premières choses à faire est de fermer les frontières et de mettre en place davantage de camps pour identifier les ressortissants étrangers qui n’ont pas d’emploi et sont acculés à la criminalité. Deuxièmement, il nous faut davantage de policiers de terrain pour constituer une armée du bien sur les places et dans les rues pour s’interposer entre le peuple italien et l’armée du mal” – Silvio Berlusconi, après sa nouvelle élection à la présidence du Conseil italien. Mais ils sortent d’où les Italiens pour voter encore pour un type pareil ? Magnifique d’opposer “armée du mal” et “peuple italien”. Oui, c’est raciste, mais bon…

“Maintenant, nous gouvernerons comme les grandes démocraties occidentales. Maintenant que les extrémistes sont partis, nous travaillerons très rapidement au parlement pour moderniser le pays” – Le même. Les extrémistes, c’est le gouvernement de Romano Prodi. Il a failli y aller de son “bolchéviques” mais il préfère le garder pour les grandes occasions. Qu’est-ce qu’ils ont tous à nous rebattre les oreilles avec les démocraties occidentales ? Une démocratie est une démocratie, point barre. Mais l’idée, ici, c’est que la démocratie, c’est occidental et que le reste n’est que barbarie. Et l’idée est aussi de bien mettre dans la tête qu’en Occident, il n’y a que des démocraties parfaites. Par exemple, un pays dans lequel les élections sont truquées, qui possèdent des prisons dans lesquelles ne s’appliquent pas les droits de l’Homme ni les règles basiques du droit et dont les services de sécurité mettent sur pieds des prisons, à l’étranger, pour torturer des gens suspects parce qu’on l’a décrété, c’est une démocratie.

“Il s’est fait élire en disant aux Italiens qu’ils allaient pouvoir être riches comme lui, avoir de belles gonzesses et fumer des cigares” – Christine Bravo, sur France 2, mardi 15 avril, à propos de S. Berlusconi. Comme Sarkozy, sauf que Sarkozy, elle le soutient.

“Que signifie de parler de protection de l’enfant quand la pornographie et la violence peuvent être regardées dans de nombreux foyers à travers les médias [sic] largement accessibles aujourd’hui” – Benoît XVI, répondant à une question sur le scandale des prêtres pédophiles aux Etats-Unis. Soit il tente de nous expliquer qu’il est normal que les prêtres soient pédophiles puisqu’ils regardent, évidemment, des films pornographiques, comme tout le monde dans ce pays. Soit il essaie de nous dire que de toute façon, la pornographie et la violence sont partout présentes aux Etats-Unis et qu’il se demande bien ce qu’on peut reprocher aux prêtres pédophiles. Ou alors le sens de sa phrase m’échappe.

“Vous me permettrez de ne pas répondre avec précision à cette question aujourd’hui, car les négociations vont bientôt commencer” – Christine Boutin, lors d’un chat sur le site du Monde, répondant à la question : “Quelles sont les hypothèses envisagées pour la réforme du 1 % logement et de sa gouvernance ?” Enorme, tout de même. Voilà un ministre du Logement et de la Ville qui s’apprête à commencer des négociations et des discussions et qui ne peut pas donner avec précision une seule hypothèse de travail ou une seule idée. Ca promet.

“Carla Bruni-Sarkozy sera une grande première dame de France. Elle est belle, elle est intelligente, elle a du savoir-vivre, et elle incarnera bien l’élégance française, même si elle est italienne” – La même, à la même occasion.

“Les policiers patrouillent toute la nuit, les jeunes de la cité passent comme des ombres, il ne se passera rien cette nuit. Une nuit de calme aussi inexplicable qu’une nuit de violence” – Entendu dans Reportages, sur TF1, samedi 12 avril.

“Comme au Moyen Age t’as vu, à l’époque d’Arsène Lupin et de Peter Pan” – Entendu dans la cour d’un collège.

“L’Alemagne de l’ouest diriger par les américains et l’alemagne de l’est diriger pas les allemands mais le rideau de Berlin coupe le pays en deux” – Extrait d’une punition réalisée par un élève de 3ème pendant une colle, dans le même collège.

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Petit chimpanzé

Posté par marrickevin le Lundi, 14 avril, 2008

Chimpanzé (2)

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