Phrases authentiques, datant du 24 avril et des jours précédents…
“Tout le monde est pour la réforme. Je ne connais aucun responsable politique qui dise être contre ; ça devient très difficile d’être conservateur, et même révolutionnaire ! Le débat est évidemment : quelle réforme ?” – François Hollande, durant un chat sur le site du Monde, le 18 avril, sur le thème de la réforme en France. Eh bien tout de même ! Enfin un qui dit que, peut-être, si la population est contre une réforme ou une autre c’est tout simplement parce qu’elle sent l’arnaque à plein pif.
“Le chemin parcouru est saisissant : on est passé de la figure d’intellectuel critique qui interroge cette machine productrice de frustrations et d’inégalités au technocrate qui met de l’huile dans la machine. Toute l’évolution de la gauche est là, dans le passage d’une pensée ouverte sur l’imagination et la pensée critique à une pensée étriquée, engoncée dans des cadres uniformes des professionnels de la politique. La gauche a perdu le contact avec le choc des idées, avec les mouvements sociaux, avec le mouvement des sociétés. Elle s’est enfermée dans un processus d’aseptisation intellectuelle” – Philippe Corcuff, professeur à l’IEP de Lyon, à la même occasion. A première vue, ça paraît bien vu et mettant le doigt là où il faut. Mais il s’agissait d’un chat et le bonhomme répond avec une réponse qui sent le texte préparé et qu’il aurait placé de toute façon. Dénoncer les professionnels de la politique qui en vivent avec l’unique objectif de pérenniser cet état de choses, c’est bien joli, encore ne faut-il pas être un professionnel de la pensée qui vit des professionnels de la politique.
“En France aujourd’hui, 10 % des plus riches possèdent 46 % de la fortune nationale ; 50 % des moins riches en possèdent à peine 7 %. Qui parle aujourd’hui de la réforme de cette inégalité des patrimoines ? Personne” – Le même, à la même occasion. C’est quoi un “moins riche” ? La même chose qu’un “plus pauvre” ? Et ces 50 %, ça fait combien de personnes ?…
“Les réformes sont urgentes parce que les Français les attendent” – Xavier Bertrand, à la même occasion. Alors admettons que demain, les Français manifestent en masse pour entrer en guerre avec le Costa-Rica ; déclarer la guerre serait alors urgent. Supposons qu’un 6 février 1934, des Français manifestent pour abattre le parlementarisme, il serait urgent de réformer le mode de gouvernement de la France. Etc, etc.
“Quand on parle des difficultés à mener des réformes dans ce pays, il ne faut pas négliger le rôle de l’opposition” – Le même, à la même occasion. Mais énorme quoi ! Le gars nous explique que si depuis 6 ans les réformes n’ont pas avancé, c’est à cause de la gauche, laquelle n’est pas au pouvoir et dont les votes au parlement sont sans effet puisque l’UMP détient la majorité des sièges.
“Lorsque les gouvernements des pays d’émigration eux-mêmes nous demandent de ne pas piller leurs forces vives, faudrait-il refuser de les écouter et de gérer les flux migratoires avec eux de manière concertée” – Brice Hortefeux, dans une tribune parue dans Le Monde le 24 avril. Ah, les fameuses forces vives… On notera bien, donc, que des gens qui traversent la mer sur des rafiots, certains y restant, et qui arrivent sur les côtes européennes avec l’espoir d’y trouver une vie meilleure sont les forces vives de l’Afrique (parce qu’il s’agit de cela). Si eux sont les forces vives, ceux que la France entend choisir doivent être encore d’un rang bien supérieur donc. Et c’est sans honte que Hortefeux nous explique qu’il ne va pas piller l’Afrique de ses pauvres et indigents (les forces vives) ; par contre, les autres, ils peuvent venir, pas de problème. Il a une curieuse conception du pillage cet homme-là.
“Les CRA [Centres de rétention administrative] existent quasiment aujourd’hui dans toute l’Europe et, s’ils n’existaient pas, l’alternative serait la prison, comme c’est déjà la cas ailleurs dans le monde. J’ajoute que la personne retenue, qui séjourne en moyenne douze jours en CRA, bénéficie de conditions de vie beaucoup plus libérales que celles d’un détenu” – Le même, à la même occasion. Encore heureux qu’elle a de meilleures conditions qu’un prisonnier : elle n’a rien fait de mal ! Deux arguments formidables ici. 1. On le fait aussi ailleurs. Mon voisin le dit, c’est que ça doit être vrai. Il y a des pauvres dans tous les pays, c’est bien que c’est normal. 2. C’est pas si pire ici que ça l’est ailleurs. Etre un salaud, ce n’est pas grave, du moment qu’on l’est un peu moins que le salaud d’en face. Et fantastique la personne qui “séjourne” en CRA. Quand on séjourne quelque part, on peut s’en aller quand on veut. Hortefeux arrive à mettre dans la même phrase, à propos de la même personne, “retenue” et “séjourne”.
“Quelle est la méthode ignoble qui consiste à imputer la mort d’immigrés clandestins à la police alors que la police était présente sur les lieux du drame pour de toutes autres raisons que la lutte contre l’immigration régulière ?” – Le même, à la même occasion. Il fait référence, entre autres, au cas de cette dame s’étant jetée par la fenêtre en entendant la police arriver, laquelle venait contrôler son bailleur. Il a raison : la police, dans le cas présent, n’y est pour rien. Par contre, la politique de la tête à claques Hortefeux et ses consignes oui. Amusant de constater comme les forces vives d’un pays préfèrent se tuer en sautant par la fenêtre ou dans une rivière plutôt qu’être renvoyées dans un pays qu’ils ont tout fait pour quitter.
“Il [Nicolas Sarkozy] a renoncé à se rendre sur place [près d'Arras, dans la commune où 148 tombes musulmanes ont été profanées] pour cause d’intervention télévisée jeudi soir” – Extrait d’un article paru sur le site du Monde le 24 avril. Ce qu’on apprécie chez Sarkozy, c’est son sens des priorités.
“Il y a un an tout juste, les Français élisaient Nicolas Sarkozy” – Entendu sur France Inter le 22 avril. Non, Nicolas Sarkozy n’a pas été élu au premier tour. La psychanalyse a encore de beaux jours devant elle.
“72 % des Français sont mécontents de l’action de Nicolas Sarkozy depuis un an” – Résultat d’un sondage paru cette semaine. C’est tout ?
“38 % des 55 – 65 ans sont sans emploi” – Entendu sur France Info le 18 avril. En même temps, la retraite est à 60 ans…
“Ayant banni Dieu, il [le régime nazi] est devenu réfractaire à tout ce qui est bon et vrai” – Benoît XVI. Au-delà de l’incroyable imbécillité que véhicule le propos, on se souviendra que Nicolas Sarkozy a tenu, lors d’un discours devant le CRIF, exactement les mêmes propos sur les totalitarismes du XXème siècle.
“La sympathie n’est pas une valeur morale. On peut être sympathique et avoir des idées dangereuses. Les leaders d’extrême droite qui passent à la télé, comme Marine Le Pen, sont éminemment sympathiques. C’est pour ça qu’ils sont dangereux” – Jean-Paul Rouve sur le plateau de “T’empêches tout le monde de dormir”. Il a dit cela pour se justifier d’avoir fait un film sur Spaggiari, cerveau du casse de Nice, le montrant en fanfaron imbu de lui-même et cherchant la gloire (ce qui n’est que la réalité). Où on en est quand même dans ce pays de cons ! à casser les pieds aux gens pour des trucs pareils. D’autant que son film – qui est d’ailleurs plutôt réussi – ne fait l’apologie de rien du tout (pas même de Spaggiari) et ne passe pas sous silence ses opinions d’extrême droite. Et on ne va pas de plaindre de sortir un peu du politiquement correct.
“Dans cette partie, on a vu 22 joueurs à fond de cale” – Entendu sur RMC le 19 avril pendant la retransmission du match de Ligue 1 Lens – Sochaux. Allez savoir ce qu’ils pensent ces mecs-là.
“L’un est sur le podium, l’autre veut y monter. Toulouse, deuxième, reçoit Clermont, premier” – Entendu sur France Info le 19 avril.