Marrick & Kevin’s Weblog

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Archives pour décembre 2007

Archimède – Paradoxe

Posté par marrickevin le Dimanche, 30 décembre, 2007

Paradoxe
(par Gilles Roqueplo et Hervé This)

Le jeune Piarchi s’est pris d’amitié pour un escargot. Mais un escargot, ça n’avance pas vite. Quand ils partent se promener ensemble, l’escargot est toujours à la traîne et Piarchi se lamente. Comment faire pour rester avec son ami ? Il décide d’en parler à son père, le professeur Archipi. Celui-ci est d’humeur facétieuse.

« Tu n’as qu’à donner dix mètres d’avance à ton escargot. Suppose que tu ailles dix fois plus vite que lui. Quand tu auras parcouru dix mètres, il en aura parcouru un, et il sera devant toi. Puis, quand tu auras parcouru un mètre, il sera encore devant toi, puisque, pendant le même temps, il aura parcouru dix centimètres. Et quand tu auras parcouru dix centimètres, il sera toujours devant toi, puisqu’il aura parcouru un centimètre. Et quand tu auras parcouru un centimètre…

- Arrête de blaguer, Papa. Je sais très bien que je vais le rattraper.

- Tu crois cela, reprend Archipi ? Je vais te prouver que tu ne peux même pas faire la première étape, celle des dix mètres. Imagine qu’il y ait des bornes tout le long de ton chemin. Pour faire dix mètres, tu dois d’abord atteindre la borne située à la moitié du chemin, c’est-à-dire à cinq mètres. Et avant d’atteindre cette borne, tu devras atteindre celle qui est à deux mètres cinquante. Et avant celle-ci, tu devras atteindre la borne située à un mètre vingt-cinq. Et encore avant, il faudra rejoindre une autre borne, et ainsi de suite. Tu vois, il te faudra atteindre successivement une infinité de bornes avant d’arriver à celle située à dix mètres. Mais tu es d’accord que tu n’as pas une infinité de temps devant toi. Or il y a une infinité de bornes. Conclusion : tu ne pourras pas même faire dix mètres.

Le jeune Piarchi est troublé, mais son père le rassure :

- Bien sûr, en vrai, tout cela ne marche pas. Ces paradoxes ont été inventés par le philosophe grec Zénon, qui voulait montrer qu’un paradoxe surgit chaque fois que l’on traite le temps et l’espace comme une série infinie de points distincts, comme des perles sur un collier. Dans le paradoxe qui semble montrer l’impossibilité du mouvement, on n’a pas considéré que les temps pour aller d’une borne à la suivante sont de plus en plus courts et que, au total, il faut un nombre infini d’étapes, certes, mais les étapes deviennent infiniment plus courtes. Méfions-nous de l’infini ! Et dans le paradoxe de l’escargot qui te distance, les étapes considérées sont de plus en plus courtes. Elles s’effectuent donc dans des temps de plus en plus courts, puisque la vitesse est constante. Si on calcule le temps total pour parcourir toutes les étapes considérées, on obtient un temps limité. Tu ne resteras derrière ton ami escargot que si tu marches pendant un temps inférieur à ce temps total. Mais si tu marches plus longtemps, tu parcours une distance supérieure et tu dépasses évidemment ton ami ».

Piarchi est soulagé : ce paradoxe ne l’empêchera pas d’avancer, ni de dépasser son ami l’escargot, si l’envie lui en prend. Et, triomphal, il songe à Jean-Jacques Rousseau, qui, comme lui, préfère être un homme à paradoxes qu’un homme à préjugés.

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Archimède – Bon ou mauvais ?

Posté par marrickevin le Samedi, 29 décembre, 2007

Bon ou mauvais ?
(par Gilles Roqueplo et Philippe Boulanger)

« La biologie du cholestérol est bien compliquée, constata le Professeur Archipi. Il y a quelques années encore, les médecins avaient une idée simple de cette maladie des artères qu’est l’arthérosclérose. Ils pensaient que des amas de cholestérol se déposaient sur les parois des artères, finissant par les boucher, empêchant alors le sang de circuler et de nourrir les organes comme le coeur ou le cerveau. D’où les accidents graves.

- Qu’est-ce qui a changé dans le cholestérol, interrogea le jeune Archipi, qui aimait bien que son père ait pu croire en de fausses théories ?

- Voyons cela. Le cholestérol n’est rien d’autre que des protéines de graisse, des lipoprotéines. Ce cholestérol sert, dans les cellules du corps, à la réparation des membranes cellulaires et à la fabrication de diverses hormones. Il est véhiculé dans le sang par deux transporteurs. Le premier est constitué par des particules, les LDL ou Low Density Lipoproteins : c’est le mauvais cholestérol. Le second transporteur est le HDL. Ce HDL, pour High Density Lipoproteins, achemine le cholestérol en excès vers le foie, où il est recyclé ou éliminé. On parle alors de bon cholestérol. On pensait que le LDL en excès favorisait l’amoncellement de cholestérol sur la paroi interne des artères. On sait maintenant qu’il déclenche aussi une accumulation de graisses dans la paroi des artères. Dès lors différentes particules de nettoyage du corps sont mobilisées, ce qui crée une suractivité et une inflammation. De nouvelles graisses finissent par s’agglomérer. Une inflammation, c’est mettre le feu. Sauf qu’ici l’inflammation, au lieu de réparer ce qui ne va pas, favorise la formation d’une plaque dans la paroi des artères. Les particules nettoyantes s’y gorgent de cholestérol. Elles en privent les cellules de l’artère qui n’ont plus les moyens de reconstituer leur membrane. Alors, la fragilisation des cellules entraîne une rupture de la plaque interne qui s’échappe à travers une fissure de l’artère et rejoint l’intérieur de l’artère. Cette plaque provoque la formation d’un caillot qui peut bloquer le flux sanguin.

- Alors le LDL est encore plus mauvais qu’on ne le pensait, s’inquiéta Archiprime. Cela parce qu’il cause par divers processus, une inflammation des artères.

- Et même si le caillot formé n’est pas mortel, il disperse dans les artères des agents d’inflammation qui répandent le mal en d’autres sites, poursuivit Archipi. Les processus inflammatoires correspondent à une réaction exagérée de l’organisme qui tend alors à s’autodétruire. Ce qui les rend invalidants. Les réactions exagérées sont toujours néfastes, conclut Archipi. Quand ta soeur t’a énervé, semblable au LDL qui enflamme la paroi cellulaire, tu lui as donné une gifle qui l’a fait saigner. La réaction de l’organisme de ta soeur a formé un bleu et un caillot, les équivalents de la plaque. Elle était inconsolable et a même refusé le chocolat que tu lui offrais pour te faire pardonner.

- Elle a bien fait, ce refus est bon pour son cholestérol », conclut Archiprime

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Discours de Nicolas Sarkozy à Latran

Posté par marrickevin le Samedi, 29 décembre, 2007

Le 20 décembre 2007, le Président de la République, Nicolas Sarkozy, s’est fendu d’un discours à Latran devant des cardinaux et bon nombre de religieux. Quelques extraits, parmi les plus significatifs. Sa conception de la laïcité semble assez spéciale et son devoir de réserve en tant que chef d’un Etat religieusement neutre ne l’étouffe apparemment pas. Sans oublier la splendide boulette historique qu’il commet. Il est vrai qu’il n’écrit pas lui-même ses discours. Mais après celui de Dakar aux relents racistes et coloniaux, ça commence à faire légèrement tâche dans le décor…

« J’ai été sensible aux prières qu’il (le cardinal Ruini) a bien voulu offrir pour la France et le bonheur de son peuple. »

« La France a apporté au rayonnement du christianisme une contribution exceptionnelle. (…). Contribution littéraire et artistique : de Couperin à Péguy, de Claudel à Bernanos, Vierne, Poulenc, Duruflé, Mauriac ou encore Messiaen. » Volontairement ou non, Nicolas Sarkozy oublie Victor Hugo. Il faut dire que le sieur, s’il louait Dieu, se montrait assez farouchement anticlérical. Citer Péguy, Bernanos, Claudel et Mauriac pour parler du “rayonnement du christianisme”, c’est, tout de même, avoir une vision renfermée, pour ne pas dire nationaliste ou réactionnaire.

« Je sais que l’interprétation de la loi de 1905 comme un texte de liberté, de tolérance, de neutralité est en partie une reconstruction rétrospective du passé. »

« Bien sûr, fonder une famille, contribuer à la recherche scientifique, enseigner, se battre pour des idées, en particulier si ce sont celles de la dignité humaine, diriger un pays, cela peut donner du sens à une vie. Ce sont ces petites et ces grandes espérances « qui, au jour le jour, nous maintiennent en chemin » pour reprendre les termes même de l’encyclique du Saint Père. Mais elles ne répondent pas pour autant aux questions fondamentales de l’être humain sur le sens de la vie et sur le mystère de la mort. Elles ne savent pas expliquer ce qui se passe avant la vie et ce qui se passe après la mort. »

« Ma conviction profonde, dont j’ai fait part notamment dans ce livre d’entretiens que j’ai publié sur la République, les religions et l’espérance, c’est que la frontière entre la foi et la non-croyance n’est pas et ne sera jamais entre ceux qui croient et ceux qui ne croient pas, parce qu’elle traverse en vérité chacun de nous. Même celui qui affirme ne pas croire ne peut soutenir en même temps qu’il ne s’interroge pas sur l’essentiel. Le fait spirituel, c’est la tendance naturelle de tous les hommes à rechercher une transcendance. Le fait religieux, c’est la réponse des religions à cette aspiration fondamentale. »

« La République a intérêt à ce qu’il existe aussi une réflexion morale inspirée de convictions religieuses. D’abord parce que la morale laïque risque toujours de s’épuiser ou de se changer en fanatisme quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini. Ensuite parce qu’une morale dépourvue de liens avec la transcendance est davantage exposée aux contingences historiques et finalement à la facilité. »

« Mais un homme qui croit, c’est un homme qui espère. Et l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent. La désaffection progressive des paroisses rurales, le désert spirituel des banlieues, la disparition des patronages, la pénurie de prêtres, n’ont pas rendu les Français plus heureux. C’est une évidence. »

« Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. » Deux passages on ne peut plus clairs. Nicolas Sarkozy verrait d’un bon oeil que les religieux prennent le pas sur les associations dans l’action sociale. Il en arrive même à tenir un propos énorme en parlant du “désert spirituel des banlieues”. De deux choses l’une : soit il considère qu’un être humain n’a aucune spiritualité, aucune interrogation, aucun questionnement du moment qu’il ne croit pas en Dieu, ce qui est une ânerie monumentale ; soit il “oublie” que les populations des banlieues sont très souvent mulsulmanes, et c’est cela qu’il appelle le “désert spirituel des banlieues”[1]. Pour Nicolas Sarkozy, croire en Dieu est une chose ; encore faut-il croire au bon, c’est-à-dire au Dieu des catholiques. D’autre part, que les instituteurs puissent être, dans une certaine mesure, et pour certaines choses, remplacés par des religieux, ne lui paraît pas un fait incroyable. Au point de dire qu’un instituteur ne peut pas remplacer un curé dans l’apparentissage de la différence du bien et du mal. Premier point, l’instituteur enseigne, et non apprend. C’est l’élève qui apprend. Mais passons. On n’est plus à une faute de syntaxe et de sens près. Second point, l’instituteur n’a jamais été là pour enseigner la différence entre le bien et le mal aux enfants. C’est l’erreur imbécile faite depuis des décennies qui consiste à dire que l’Ecole doit enseigner aux enfants ce qu’il faut penser au lieu de leur enseigner à penser.

« En donnant en France et dans le monde le témoignage d’une vie donnée aux autres et comblée par l’expérience de Dieu, vous [les cardinaux] créez de l’espérance et vous faites grandir des sentiments nobles. »

« Depuis toujours, la France rayonne à travers le monde par la générosité et l’intelligence. C’est pourquoi elle a besoin de catholiques pleinement chrétiens, et de chrétiens pleinement actifs. »

« La France a besoin de catholiques convaincus qui ne craignent pas d’affirmer ce qu’ils sont et ce en quoi ils croient. »

« Partout où vous agirez, dans les banlieues, dans les institutions, auprès des jeunes, dans le dialogue inter-religieux, dans les universités, je vous soutiendrai. La France a besoin de votre générosité, de votre courage, de votre espérance. »

« C’est par le baptême de Clovis que la France est devenue Fille aînée de l‘Eglise. Les faits sont là. » En fait, ce “titre” a été “décerné” à la France après que Pépin le Bref a battu les Lombards et conquis ce qui allait devenir les Etats pontificaux en 754 – 756. On comprend que le pape ait voulu l’en remercier. Hum, hum, les faits sont là… La vision que donne Nicolas Sarkozy de l’Histoire est très romantique, mais si la France est la Fille aînée de l’Eglise, ce n’est pas une affaire de conversion, de spiritualité, d’élévation de l’âme et d’entente séculaire entre l’Eglise et notre bonne vieille France ancestrale qu’on aime tant et dont on regrette que tant de modernité et d’incroyance lui soient passées sur les reins, mais plutôt une affaire d’épées, de géopolitique et de conquêtes. Evidemment, d’un point de vue “rayonnement”, c’est tout de suite moins glorieux.

Le discours peut être lu en intégralité sur le site de la Présidence de la République : www.elysee.fr


[1] Nicolas Sarkozy parle du désert spirituel des banlieues. C’est le même homme qui, quand il a créé le CFCM, claironnait à toute heure qu’il existait partout dans ces mêmes banlieues des lieux de prière clandestins et des mosquées pas très nettes. Il faudrait savoir !

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Archimède – Perpétuel

Posté par marrickevin le Vendredi, 28 décembre, 2007

Perpétuel
(par Pierre-Oscar Lévy et Vincent Gaullier)

Par décret de 1775, l’Académie des sciences n’examine plus les travaux, qui lui sont adressés, à propos du mouvement perpétuel.

La thermodynamique affirme depuis le XIXè siècle que le mouvement ne peut se maintenir sans apport d’énergie. Les frottements freinent et empêchent toute éternité.

A la même époque, Victor Hugo écrit : “La Science cherche le mouvement perpétuel. Elle l’a trouvé. C’est elle-même”.

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Archimède – Vide

Posté par marrickevin le Jeudi, 20 décembre, 2007

Vide
(par Gilles Roqueplo et Philippe Boulanger)

« Le vide est le constituant principal de la nature, s’exclame le professeur Archipi, inspiré par la philosophie taoïste. C’est le vide au centre de la roue, où passe le moyeu, qui fait que la voiture avance. C’est par le vide que toute chose a son usage.

- Et pourtant, Aristote a dit que la nature a horreur du vide, affirme Archiprime, l’élève d’Archipi.

- Les philosophes du Moyen Age croyaient cela, répond Archipi, et ils pensaient que le vide n’existait pas. En 1643, Torricelli retourna dans une cuve de mercure une longue tige de verre, elle-même remplie de mercure. Il montra alors que la hauteur de mercure ne dépassait pas 76 centimètres, hauteur correspondant à la pression atmosphérique qui pousse le mercure vers le haut du tube. Au-dessus du mercure, il n’y avait rien. Ainsi pouvait-on créer un espace vide. Pour faire le vide, il faut éliminer toute matière, solide, liquide ou gazeuse, continue Archipi. Cela suffit-il pour obtenir un espace sans rien ? Non. Même lorsque l’on a éliminé toute la matière, il reste les ondes lumineuses, qui existent dans le vide.

- La lumière peut traverser le vide ! s’étonne Archiprime.

- Certainement, reprend Archipi : le rayonnement émis par les étoiles arrive jusqu’à nous après avoir traversé le vide interstellaire. Imaginons maintenant un piston parfaitement ajusté dans un cylindre. Tirons sur le piston avec une force suffisante pour surpasser la pression atmosphérique. Quand nous le relâchons, il ne reprend pas sa position initiale : Quelque chose est apparu dans le vide qui n’existait pas auparavant.

- Ce sont les ondes lumineuses, émises par les parois du tube, affirme Archiprime.

- Exact, acquiesce Archipi. Un corps émet un rayonnement thermique, c’est-à-dire de la lumière. Ce rayonnement dépend de sa température. Ainsi, le Soleil émet surtout dans le jaune car sa surface est à 6 000 degrés. La plaque chauffante de la cuisinière, à quelques centaines de degrés, émet de la lumière rouge. Les parois internes du cylindre sont des sources de lumière, et cette lumière remplit le cylindre. Lorsque nous relâchons le piston, la lumière résiste à la compression, comme le fait un gaz, et le piston ne revient pas complètement contre l’extrémité du cylindre. On comprend cette résistance à la compression en sachant que les particules de lumière, les photons, jouent le même rôle que les atomes d’un gaz ordinaire.

- Pour éliminer tout le rayonnement thermique, donc tous les photons, il faudrait refroidir les parois du cylindre, réfléchit Archiprime. Au zéro absolu, à la température de – 273,15 degrés C, le rayonnement thermique est nul. Alors, dans un cylindre à zéro degré, le vide est parfait.

- Et bien non, réplique Archipi, car il subsiste ce que l’on appelle des fluctuations du vide : dans le vide, apparaissent et disparaissent perpétuellement des particules et des champs électromagnétiques. Le rayonnement subsistant est dénommé le rayonnement de point zéro et l’on a même pu mesurer son effet sur la matière. Ainsi toutes les particules, tous les champs sont présents, de façon fugace, dans le vide.

- Le vide n’est pas le rien, il a d’étonnantes propriétés, conclut Archiprime. Le poète Mallarmé avait raison, le vide est fertile ».

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Les bronzés font du ski- C’est copain

Posté par marrickevin le Jeudi, 20 décembre, 2007

Extrait de “Les bronzés font du ski”.
La scène du cochon

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Les mains derrière la tête !

Posté par marrickevin le Mardi, 18 décembre, 2007

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Chimpanzé

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Archimède – Aide-mémoire

Posté par marrickevin le Lundi, 17 décembre, 2007

Aide mémoire
(par Patrick Rebeaud et Bruno Léandri)

Voici un petit chef-d’oeuvre de la mnémotechnique. Il permet aux étudiants en paléontologie et à tous ceux qui veulent briller en société de se rappeler sans faillir de toutes les périodes de l’ère primaire dans l’ordre chronologique. “Cambronne ordonna silence et dévouement à ses carabiniers permissionnaires”. Soit. Cambrien, ordovicien, silurien, dévonien, carbonifère et permien. Sachant le nombre de fois, dans une vie, où l’on a un besoin urgent d’énumérer les périodes de l’ère primaire dans l’ordre chronologique, on peut dire sans hésiter : merci Archimède !

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Archimède – Incertitude sportive

Posté par marrickevin le Jeudi, 13 décembre, 2007

Incertitude sportive
(par Gilles Roqueplo et Philippe Boulanger)

Archiprime était de fort méchante humeur : il s’était fait battre au ping-pong 21 à 18.

- 21 moins 18, cela fait trois points. Trois points seulement : l’écart n’est pas significatif, ton adversaire n’était pas plus fort que toi, lui affirma, pour le consoler, le professeur Archipi.

- Mais il a marqué trois points de plus, cela prouve qu’il était meilleur.

- Pas nécessairement, lui répondit Archipi. Pour te montrer qu’un tel score peut être dû au hasard, suppose que vous soyez, ton adversaire et toi, exactement de la même force. Mais les échanges ne durent pas éternellement : à cause de minimes influences extérieures, finalement, quelqu’un gagne le point ! Il n’est pas meilleur et on dira que le résultat est dû au hasard. Comme il est dû au hasard, alors pour simuler la partie, on peut tirer au sort avec une pièce de monnaie le résultat de chaque point ; pile tu gagnes, face, c’est ton adversaire. Jouons plusieurs parties ainsi.

Les Archipis obtinrent une série de résultat, 21 à 19 ; 17 à 21 ; 16 à 21, etc.

- Tu vois, expliqua Archipi, le résultat peut varier notablement d’une partie à l’autre avec les lancers de pièce, comme pour deux joueurs de force égale. En fait, pour ce type de tirage au sort, l’écart entre les deux scores sera, dans la moitié des parties, supérieur à 4 points. Donc il faut que tu battes ton adversaire par plus de 4 points pour prouver que tu es vraiment plus fort que lui. Et si tu te fais battre par moins de 4 points, tu peux argumenter que ton adversaire n’est pas vraiment supérieur, mais que le résultat est ce que l’on désigne par le hasard des fluctuations statistiques .

- Et pour le football, demanda Archiprime, les résultats sont ils dus au hasard ?

- Le professeur Wesson a étudié la question. Selon les règles appliquées pour le championnat de ligue 1, quand un match de championnat se termine par une victoire, le vainqueur marque trois points et le perdant zéro. Quand il y a match nul, chaque équipe marque un point. Il y a, en moyenne, environ un match nul pour 4 match. Pour simuler les résultats d’une série de matchs, nous utiliserons un dé à 8 faces numérotées de 1 à 8. Nous lançons le dé pour déterminer le résultat de chaque partie entre deux équipes. Si le dé tombe sur 1 ou 2, le match est nul, ce qui arrive bien, en moyenne, une fois sur quatre. Si le dé tombe sur 3, 4 ou 5, l’équipe A gagne, s’il tombe sur 6, 7 ou 8, c’est l’équipe B. Après avoir fait jouer ainsi toutes les 18 équipes les une contre les autres, match aller et retour, nous regardons les scores. Une équipe a gagné avec 60 points et a 30 points de plus que la dernière équipe : donc le hasard a donné un classement entre équipes de même force ! Comparons maintenant les résultats obtenus avec ceux du vrai championnat de ligue 1. L’écart entre le premier et le dernier du championnat 2001-2002 est de 35 points, un peu plus grand que l’écart de 30 de notre tirage au hasard. Ce qui est bien normal, car il y a effectivement des clubs plus forts que les autres. Mais la qualité ne paiera pas toujours : prenons maintenant un club réellement meilleur que les autres, où la probabilité de gagner sera égale à 0,45 et la probabilité de perdre 0,3, alors que la probabilité d’un match nul restera de 0,25. Va-t-il gagner le championnat à tout coup ? Et bien non : dans notre simulation, il peut n’arriver que second avec 60 points, un club moins bon, mais plus chanceux, ayant marqué 64 points. S’il n’est pas vraiment meilleur que les fluctuations statistiques, il ne gagnera pas à tous les coups… Comme au ping-pong. Telle est la glorieuse incertitude du sport, conclut le professeur Archipi.

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Théâtre

Posté par marrickevin le Jeudi, 13 décembre, 2007

Un jour, Nicolas Sarkozy est allé aux Etats-Unis. Il était alors déjà plus candidat à l’élection présidentielle qu’il était encore ministre de l’Intérieur. Il s’est fendu d’un superbe discours, qu’il n’avait bien entendu pas écrit, sur la magnificence des Etats-Unis, réelle sur certains points, plus que douteuse sur d’autres. Mais pour lui, tout luit aux Etats-Unis. C’est sans doute pour cela qu’il ressent, à chaque fois qu’il en parle, le désir brûlant de sortir la brosse à reluire. Donc, pendant ce discours, Nicolas Sarkozy a parlé de « l’arrogance » française, au prétexte que Jacques Chirac avait refusé d’entrer en guerre contre l’Irak. Tout le monde avait bondi, sauf les éditorialistes, et on espérait, au moins, qu’il serait viré, manu militari, sans indemnités et sans stock options, du gouvernement. Mais non, rien. Ca, c’était le premier acte.

Le deuxième, c’était dans la rue. Des journalistes français qui avaient fait le voyage avec lui, dans le même avion (comme cela se passe toujours, et pas seulement pour Sarkozy) tendirent leurs micros adulateurs pendant que Nicolas Sarkozy prenait un bain de foule. La question était, en gros, un faux reproche. On connaît le truc : on fait semblant de reprocher quelque chose à un homme politique afin de lui permettre de mieux se justifier. Là, on « reprochait », donc, à Nicolas Sarkozy de trop admirer les Etats-Unis, de trop les vanter. Eh quoi ? répondit-il, vous voudriez peut-être que j’admirasse le modèle russe et que je fusse copain comme cochon avec Poutine ? Ah ça non ! Moi vivant, jamais ! Ca, c’était le deuxième acte.

Troisième acte : Nicolas Sarkozy est tout fraîchement élu président de la République et il se rend à un sommet du G8. Il doit s’entretenir avec Vladimir Poutine. Sa sortie sur le modèle russe et son dirigeant sonnait un peu comme un : « Vous en avez assez de ce dictateur, de cette crapule ? Eh ben je vais vous en débarrasser ». Donc, on s’est dit, confiant mais n’y croyant pourtant pas : « Il te va me lui botter les fesses au ruskoff, ce sera pas du chiqué ». Et voilà Sarkozy qui revient du fameux entretien, l’air niais, la mine confite, les yeux en forme de gouttes, le regard dans le zig, les gestes dans le zag. Hop, le petit rototo de rigueur quand on a trop bien mangé ou trop bien bu, et vas-y que je me tiens à mon pupitre, parce que, franchement, là, c’est dur, je rame. Il balbutie puis finit par sortir une phrase hallucinante et inouïe : « Il y a des questions ? ». Ben non, y’a pas de questions ! des dizaines de journalistes qui t’attendent, mais y’a pas de questions, voyons, c’est l’évidence ! On attend juste le numéro de claquettes. Bref, il ne sait plus ce qu’il dit. Apparemment, on lui fait signe, quelque part, car il se précipite, d’un coup, pour remettre son oreillette. Sans elle, il est perdu. La remettant et regardant devant lui, il lâche un petit : « Et ben oui ». Mais à qui il parle ? Bref, le burlesque aux allures de pathétique et de honteux passé, on revient à la réalité : il est pote avec Poutine. Ca n’a pas traîné. Il est dans la cour des grands, ce n’est pas pour faire son « petit » malin tout de suite et se mettre les salauds à dos.

Quatrième acte. Kadhafi, le grand démocrate libyen, retient en otages, depuis huit ans, des infirmières bulgares et un médecin palestinien. On les accuse d’avoir, volontairement qui plus est, inoculé le virus du SIDA à des enfants malades. Ils sont condamnés à mort, mais à chaque fois, soit par des pressions d’ONG, soit par des actions juridiques, l’exécution est reportée. En fait, Kadhafi s’amuse. Il est patient. Il négocie à droite, à gauche, l’échange des otages contre plein de petites choses qui l’intéressent. Tout le monde refuse, à commencer par la Bulgarie. Et là, coup de théâtre, grâce à l’intervention de Nicolas Sarkozy et de sa femme, tout rentre dans l’ordre. Tout le monde est libéré et Kadhafi fait de grands sourires à tout le monde. Juste après, on apprend qu’un accord de vente d’armes vient d’être passé avec la Libye. A priori, Kadhafi est doublement perdant : il libère les otages et il raque plein pot. Sauf que, vendre des armes à la Libye était jusque là plus ou moins interdit. Mais avec Nicolas Sarkozy, tout devient possible. Alors quoi ? Il faudrait laisser les Libyens sans défense ? C’est ça que vous voulez ? Donc, notre président nous dit clairement qu’il faut vendre des armes aux sauvages, aux tortionnaires, aux créanciers des groupes terroristes. La rupture, en somme. Et boum, second coup de matraque, celui qui a un grand sourire et qui nous prend pour des pingouins : la France va fournir à la Libye une usine nucléaire pour dessaler l’eau de mer. Plus c’est gros, plus ça passe, comme disait Jacques Chirac. Non, non, non, répète l’Elysée, il n’y pas eu de contrepartie. C’est l’évidence : Kadhafi retenait des otages depuis des années sans raison et il les relâche, comme ça, juste parce que Cécilia Sarkozy est allée lui faire la bise.

Dernier acte : Kadhafi vient en France. Quelques jours avant la visite, on voit des photographies dans la presse : Nicolas Sarkozy lui tendant la main avec un sourire jusqu’aux oreilles lors d’un sommet ou d’une réunion internationale. On ne lui demande pas de la lui tendre en tirant la tronche, bien sûr, on lui demande de ne pas la lui tendre du tout. D’autant que si on veut vraiment être bien avec Kadhafi, le salut militaire est de rigueur. Le pire sur cette photographie, c’est que Kadhafi est assis et que Sarkozy est debout. C’est notre président qui va vers lui, qui fait l’effort, qui se déplace. D’un point de vue idéologique et comme vision de l’avenir, voilà une image qui fait mal aux dents.

Enfin, il vient en France, le boucher, l’assassin. Juste avant d’arriver, il ose ce propos : je comprends le terrorisme qui est l’arme des pauvres. Eh ben, bouge pas Kadhafi, je vais te la faire sauter ta gueule, j’ai plus grand chose sur mon compte bancaire. Bernard Kouchner, au lieu de démissionner et de dire publiquement à Nicolas Sarkozy ses quatre vérités, reste ce ministre des Affaires Etrangères fantoche plus fantomatique que jamais, se dit résigné à la venue de Kadhafi1, et assure qu’il reste de gauche. Mais on s’en fout coco que tu sois de gauche ou pas, ce n’est pas ce qu’on te demande. Ce qu’on veut savoir, c’est si tu vas lui serrer la louche à l’autre crapule. On a vite su. Sa complice en transparence, Rama Yade, accueille l’humaniste de Tripoli avec le sourire ultra-brite de rigueur ; Kouchner, lui, ne montre ni sa résignation, ni qu’il est de « gauche », ni qu’il n’est pas d’accord.

Pour comprendre tout ça, il faut laisser la parole à la presse gratuite. Quand on prend le métro, on tombe forcément dessus, on feuillette, on prend peur. Parce qu’on lui en a bien fait le reproche à Sarkozy de cette visite. « 20 minutes » reprenant ces critiques, finit ainsi son article, par une citation du président : « ”Si je n’avais pas parlé à Kadhafi, les infirmières bulgares n’auraient pas été libérées”, a rappelé le président ». A rappelé ? Parce que s’il le dit, c’est que c’est vrai ? C’est ça l’information ? Mais ce n’est pas fini. « Direct Soir » fait encore mieux. Parlant de la visite de Kadhafi, on lit qu’elle est permise parce qu’il est « redevenu fréquentable ». Le problème avec la presse gratuite, c’est que d’une part, elle n’est pas gratuite2, et que d’autre part, ce n’est pas de la presse.


1 Il existe deux merdes immenses en politique et en civilisation : la résignation et le pragmatisme. Actuellement, on est servi.

2 Elle est financée en partie par la publicité, donc par la consommation, donc par nous. Elle est aussi financée par la presse payante. Le Monde se plaint régulièrement de la presse gratuite mais sort en même temps son gratuit « Direct Soir ». Bref, ce n’est qu’une certaine presse qui est perdante avec les gratuits…

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