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Archive de 22 novembre 2007

A-ha – Take on me

Posté par marrickevin le Jeudi, 22 novembre, 2007

 

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Vas-y Juju !

Posté par marrickevin le Jeudi, 22 novembre, 2007

Donc, nous habitons un pays dans lequel le Président de la République se fait traiter d’ « enculé » devant les caméras et les micros. Ce n’est pas joli, ce n’est pas forcément très malin, mais tout de même, il faut bien avouer que ça défoule. C’était surtout impayable pour la tête de Sarkozy qui, insulté, fait la mine de celui surpris, épaté, éffaré qu’on ne l’aime pas. Il n’en revient pas. Ca le dépasse. Ca l’estomache. Ca lui coupe le sifflet. Il est tellement sous le choc qu’il bafouille, lui qui a habitué tous ses aficionados à tant d’éloquence et de répartie. Certes, il est pris au dépourvu. On n’a pas eu le temps d’écrire un discours de riposte, ni de préparer les réponses aux questions qui lui sont communiquées avant toute interview comme la règle l’exige. Il hésite : « Si tu crois… Si tu crois ». Et nous, en voyant ça, on y croit vraiment un instant, on devine la suite de la phrase. Parce qu’à l’insulte, Sarkozy a répondu par un cinglant : « Qui a dit ça ? C’est toi qui as dit ça ? Eh ben descends un peu le dire ! », comme une petite frappe. Alors, on y croit, on est certain qu’il va le lâcher le : « Si tu crois que tu me fais peur ». Mais en fait, à la réflexion… « Descends un peu le dire ! », c’est d’un grotesque, d’un pathétique. C’est de la trempe des : « Répète un peu si tu l’oses », « T’es pas cap’ de répéter ». Et il a beau jeu de défier : il est entouré de gardes du corps presque plus nombeux que les pêcheurs à qui il vient rendre visite. Et puis surtout, si le pêcheur descend, il tombe entre les mains de la police, car insulter le président est interdit par la loi. « Si je descends, je te mets un coup de boule, donc vaut mieux pas », réplique le pêcheur. Traduction : « Tu fais le mariole avec tes gorilles, mais t’as qu’à monter toi, je bouge pas, je t’attends ». On est en plein rapport de force. Vas-y Juju ! Des échecs en direct live, filmés par la télévision, enregistrés par la radio. Attaque du cavalier, riposte de la reine, contre-attaque de la tour. A Sarkozy de jouer. « Pe-permets-moi d’te dire… Per-per-per-av-tchu-tchu-tché… ». La garde intervient. On roque et on met le roi à l’abris. Les gardes du corps sont intervenus car le monarque perdait la mise, se ridiculisait. En baragouinant sa phrase, Sarkozy jette de petits coups d’oeil discrets vers les caméras. Il le sent que ça tourne mal pour lui. Il n’y est plus. Et pardon pour la vulgarité, mais il chie dans son froc.

Il y a quelques mois, il s’était rendu en banlieue, en pleine nuit. Un dame, intriguée par le bruit et la lumière que fait sa rue à minuit, se penche à son balcon. Là, elle entend Sarkozy l’invectiver : « Vous en avez assez de toute cette bande de racailles ? Eh ben, on va vous en débarrasser ». Elle, elle n’a rien demandé à personne, elle regardait juste ce qui se passait. Peut-être bien qu’elle lui a répondu « Oui », ou « Non », ou « Va te faire voir, je voterai pas pour toi », ou « Vous allez pas la fermer, on aimerait dormir ». Mais peu importe : le coup de Sarkozy était réussi car cette réponse, on ne l’a pas entendue. Au Guilvinec, quand Sarkozy a en face quelqu’un qui fait plus de bruit que lui, qui paraît plus déterminé à en découdre que lui, qui ne lâche pas le morceau, qui n’a pas peur des mots et qui surtout a pris la précaution de se protéger autant (en étant en hauteur) que lui (entouré de gardes du corps), il s’écrase, il s’échappe.

On n’imagine pas un des précédents présidents de ce pays se faire insulter de la sorte. Chahuter oui, huer oui, railler oui. Insulter non. C’est tout bonnement hallucinant, à n’en pas revenir. D’ailleurs, plus on regarde les images, moins on en revient. Et cette insulte tend à prouver autre chose : que Sarkozy pourrait bien être le premier président depuis longtemps à se faire cogner dans la rue, à prendre des pavés, des chaises, des barrières de sécurité. Il pourrait même arriver, si on se rapproche assez (ce qui dans un mouvement de foule est toujours possible) qu’on lui crache dessus, ce qui est pire que de prendre des coups. On a l’impression qu’il n’est pas loin l’instant où les manifestants brandiront une pancarte à l’effigie du président portant le texte : « Vous en avez assez de cette racaille ? On va vous en débarrasser ».

Le plus troublant dans cette affaire, c’est que cette insulte n’a rien provoqué. Pas de réaction. Personne pour dire : « Mais c’est un scandale d’insulter le Président de la République ainsi. Il représente quand même le pays ». Personne. Ca en dit assez long sur la tension qu’il règne en ce moment dans la population française. Tout en disant qu’il est un rassembleur, Sarkozy ne cesse de polariser les consciences.

Et donc, les grèves surgissent. En France, c’est très simple, la moitié de la population est constituée de privilégiés fainéants et l’autre moitié est constituée d’otages. Dès que quelqu’un se met en grève, il y a toujours quelqu’un pour dire : « C’est un privilégié ». Qu’en conclure ? Qu’à peu près tout le monde a des raisons de se plaindre. Là, on a une réforme des régimes spéciaux dont on ne comprend pas bien l’intérêt et dont le bien-fondé reste à prouver. Qu’y a-t-il d’extravagant et de révoltant à ce que certaines catégories de travailleurs puissent toucher leur retraite plus tôt que les autres du moment que cela est justifié ? Les cheminots font partie des populations de la population dont l’espérance de vie est la plus faible une fois la retraite arrivée ; et pour partir à la retraite plus tôt, ils côtisent plus que les autres (comme les parlementaires du reste). Où est le problème ? Et d’où vient-elle cette retraite obtenue plus tôt ? Du simple fait qu’ils l’ont un jour demandée. Et l’intelligence humaine est assez sottement faite pour que les non-grévistes demandent que tout le monde côtise 40 ans au lieu de demander à côtiser eux aussi 37,5 ans (voire moins, on peut toujours rêver ; on pourrait s’il y avait dans ce pays une opposition et une gauche, pour l’instant aux abonnés absents. Pas un mot du PS depuis le début des grèves. A dormir debout). On les entend : « Nous, dans les privé, on n’a pas tout ça ». Eh ben, demandez-le. Le meilleur allié du sarkozysme ? La résignation.

Et là, nous avons Xavier Bertrand et François Fillon qui demandent officiellement que les grèves cessent et que les grévistes reprennent le travail. Mais où voit-on, dans quel pays, un gouvernement qui demande à la population de cesser d’user d’un droit constitutionnel ? Dans un pays où les premières mesures prises sont de baisser les impôts pour ceux qui en ont le moins besoin tout en parlant de franchises médicale et judiciaire. Dans un pays où lors du débat sur la loi Hortefeux, Thierry Mariani se désigne lui-même comme « un technicien de l’immigration » et que le député du Rhône en appelle au souvenir de Charles Martel ; pour finalement aboutir au refus du Conseil Constitutionnel de censurer les tests ADN. Dans un pays où en situation régulière ou non, la moindre personne vaguement de couleur a une trouille bleue de la police au point de se jeter par la fenêtre ou dans un transformateur électrique. Dans un pays où les élus et huiles de la majorité parlementaire font ouvertement alliance avec des partis d’extrême droite en vue des prochaines élections municipales (Perben à Lyon ; Simonpieri à Marignane, candidat UMP, exilé du FN, puis du MNR ; à Nice, exploit : deux candidats UMP : Jacques Peyrat, ancien du FN, et Christian Estrosi, grand pote de Jacques Médecin ; etc). Dans un pays où, semble-t-il, la réaction est plus ancrée, plus pernicieuse et plus dangereuse que ce que veulent bien croire certains.

Nicolas Sarkozy a promis maintes fois durant la campagne présidentielle de ne pas toucher à la Constitution. Il envisage pourtant maintenant d’y toucher, comme il l’a toujours envisagé en fait. Quand on commence à toucher à la Constitution, alors que rien ne l’impose, ça sent franchement mauvais. On prend les paris ? Je ne suis pas loin de penser qu’en 2012 on aura plus droit à un plébiscite qu’à une élection… S’il veut tout réformer, le Président ferait bien de commencer par le langage. Désormais en France, on ne dira plus « En vertu de la Constitution » mais « En vice de Sarkozy ».

 

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4O annuités de Pernaut !

Posté par marrickevin le Jeudi, 22 novembre, 2007

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Dessin de Riss paru dans Charlie Hebdo du mercredi 21 novembre 2007

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Une vision de l’enfant – Septième mention

Posté par marrickevin le Jeudi, 22 novembre, 2007

Le concours de dessins GreekCartoon, organisé à Athènes avec le soutien du Ministère de la Culture, se tenait cette année sur le thème “Future children”. Sur plus d’une centaine de dessins, dix ont été récompensés (trois prix et sept mentions). Palmarès :

Septième mention - Van Yperzeele (Belgique)

Dessin de Van Yperzeele (Belgique)
Septième mention du concours GreekCartoon

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