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En direct de l’Elysée

Posté par marrickevin le Jeudi, 8 novembre, 2007

Ne jetez pas la pierre à la femme adultère. Euh, la femme à qui ça, comme dirait notre Johnny national qui nous a fait la grâce de revenir de Monaco (un petit bled dans les Alpes suisses de Belgique). Il est venu consoler notre Président de la République. Vous savez ce que c’est : l’ambition, à la force des bras et de l’esprit, se hisser tout là-haut, au bout de l’échelle, le pouvoir, la réussite, et hop, la femme qui se barre. Bah, on le sentait venir. Les Sarkozy étaient en vacances aux Etats-Unis et Mme. Bush avait invité Mme. Sarkozy à un déjeuner. Cette dernière se faisant porter pâle, Monsieur sauve les meubles en se rendant lui-même au déjeuner et en communiquant sur le fait que c’est M. Bush qui l’a invité. Pendant ce temps, Madame fait du shopping au vu et au su de tous. Ambiance… Les journalistes sont-ils mauvais ? Sont-ils tombés dans le panneau ? Ou sont-ils de mèche ? Car partout, dans les rédactions, on savait que le couple divorçait, mais on ne faisait que supputer. On a attendu le communiqué officiel, le jour des grèves, pour en faire ses choux gras… Mais retour en arrière. Le 6 mai 2007, 20 heures et quelques. Souvenez-vous : Ségolène Royal pavoise et Nicolas Sarkozy tire la tronche. Curieux, nous-sommes nous dit sur le moment. Et si, en fait, Madame, voyant Monsieur élu, ne lui avait pas dit : « Bon, ça y est, c’est fait, maintenant tu n’as plus besoin de moi, je me tire ». Parce qu’il la tirait vraiment la tronche ce soir-là, c’était hallucinant. Et parce qu’elle était déjà partie une fois Madame ; avant de revenir, bizarrement. Ca sentait l’arrangement. Besoin d’apparaître comme un couple uni pour la campagne, la stabilité, le mariage, la famille, les vraies valeurs, l’ombre des Kennedy, et tout ça quoi. Et quoi en contrepartie ? On peut tout imaginer. La copine Rachida nommée ministre, par exemple. D’ailleurs, depuis que le divorce est de notoriété publique, Sarkozy et Fillon l’ont complètement lâchée, Rachida, et elle rame seule… Et puis le jour de son intronisation, de sa prise de fonctions, de son sacre (rayer les mentions inutiles), Nicolas Sarkozy, devant les journalistes, se tourne et lâche : « Et je voudrais dire à Cécilia qu’elle est très belle ». Dernière tentative de séduction. Cécilia a souri, forcée, par politesse. Pathétique(s)…

Travailler autant pour gagner plus. Nicolas Sarkozy a vu sa rétribution mensuelle augmentée. Et alors, les justifications du truc, grandioses. Nadine Morano nous a expliqué que certaines stars du sport gagnaient beaucoup plus. Je dis, Nicolas Sarkozy gagne moins que Zidane, mais plus que mon oncle, comme disent les Bretons dans Astérix. Je dis, Nadine Morano est plus bête que son manche à balais, mais moins que sa valise Ensuite, il fallait à tout prix que le Président de la République gagnât plus que les Premier Ministre. Il y a parfois des évidences qui nous échappent. Cela dit, cet argument est significatif. En vertu de la séparation des pouvoirs, le rôle du Premier Ministre est (théoriquement) nettement plus important que celui du Président de la République (bien sûr, avec la moule qui occupe actuellement Matignon, ce n’est pas très évident). Pas d’erreur possible, on est bien dans une présidentialisation du régime. Enfin, il fallait que Nicolas Sarkozy gagnât au moins autant que les autres chefs d’Etat d’Europe. A aucun moment, on nous a expliqué pourquoi le Président gagnait tant, le Premier Ministre tant et les politiciens étrangers tant. Et surtout, personne n’a été en mesure de nous expliquer que cette augmentation était justifiée par un surplus de travail, un juste retour des choses eu égard aux responsabilités du Président, ou quoi que ce soit. L’argument, c’était que d’autres gagnaient plus que lui. Depuis quand avoir moins signifie ne pas avoir assez ? A croire qu’on est gouverné par des gamins jaloux de leurs frères et sœurs qui ont eu plus de bonbons qu’eux.

Demander plus pour rendre moins. Le coup de maître de la communication de la droite, en ce moment, ce sont la réforme des retraites et les franchises médicales. Pour conserver notre système de retraites, il faut travailler plus longtemps et cotiser plus longtemps, nous a-t-on dit. Pour conserver notre système de sécurité sociale, il faut s’acquitter de franchises (c’est-à-dire : plus tu es malade, moins on te rembourse), en plus de l’euro forfaitaire à chaque consultation, nous a-t-on dit. Eh bien, justement, ça ne conserve rien du tout, ça modifie. Pour conserver ta retraite, tu cotiseras 40 ans au lieu de 37,5. Je ne conserve rien du tout puisque je cotise plus. Pour continuer à être remboursé, tu paieras plus et seras moins remboursé. De deux choses l’une, soit le gouvernement a besoin d’un bon coup de pied aux fesses, soit il a besoin d’une psychanalyse.

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