Marrick & Kevin’s Weblog

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Archives pour novembre 2007

Archimède – 2 + 2

Posté par marrickevin le Vendredi, 30 novembre, 2007

2 + 2
(par Jonas Rosales et Didier Nordon)

« Deux et deux font quatre ». Nous avons tous appris cela à l’école. Tous ? Non. Les petits Allemands ont appris « Zwei und zwei ist vier », c’est-à-dire mot à mot : « Deux et deux est quatre ».

La langue française porte son attention sur les objets et ce qu’ils font une fois mis ensemble, la langue allemande porte son attention sur l’addition, le fait d’opérer. Les formules mathématiques ne sont universelles pour autant qu’il n’y a personne pour les lire, c’est-à-dire les exprimer dans sa propre langue !

D’ailleurs, les Français ont hésité. Souvenons-nous de tout ce que nous avons appris à l’école, y compris en classe de français. Que dit le Dom Juan de Molière, dans une de ses plus fameuses répliques ? Il dit : « Je crois que deux et deux sont quatre, Sganarelle, et que quatre et quatre sont huit » .

Etre ou faire ? Telle est la question !

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Une vision de l’enfant – Deuxième prix

Posté par marrickevin le Vendredi, 30 novembre, 2007

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Dessin de Moa (Brésil)
Deuxième prix du GreekCartoon

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Archimède – Automne

Posté par marrickevin le Jeudi, 29 novembre, 2007

Automne
(par Gilles Roqueplo et Hervé This Gilles)

Pourquoi les feuilles nous apparaissent vertes au printemps et rouges en automne, s’est demandé Archimède. La chimie lui donne la réponse.

Savez-vous que les peintres mettent du rouge dans le vert qui leur sert à peindre les feuilles des arbres ? Cette étrange idée empirique a un fondement chimique qu’Archimède vous invite aujourd’hui à découvrir : voici comment faire du vert avec du rouge.

Si une feuille apparait verte, c’est qu’elle contient des molécules de chlorophylle, qui absorbent les rayonnements violets et rouges de la lumière blanche. Le rouge et le violet étant ainsi soustraits à l’ensemble des couleurs, il ne reste que le bleu, l’orange, le jaune et le vert. Leur mélange fait du vert.

Toutefois les molécules de chlorophylle ne sont pas les seuls pigments des plantes vertes ; les feuilles vertes contiennent également des molécules de carotène, qui captent un peu de la lumière qui n’est pas captée par la chlorophylle. Les molécules de carotène, comme leur nom l’indique, sont les pigments des carottes. La couleur jaune orange du carotène est visible dans les carottes, mais elle reste cachée dans les feuilles vertes jusqu’à l’automne, quand les variations d’éclairement ou de température déclenchent l’action d’enzymes qui dégradent la chlorophylle. Il reste la molécule de carotène, qui fait rougir les feuilles.

Cette observation chimique explique le tour de main empirique des peintres, qui mêlent du rouge au vert avec lequel ils peignent les plantes : s’ils n’utilisaient que le vert, ils n’obtiendraient pas le rendu de celui que nous voyons aux plantes vertes, car, même si nous ne voyons pas le rouge des plantes, sa présence masquée confère une teinte particulière.

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Une vision de l’enfant – Troisième prix

Posté par marrickevin le Jeudi, 29 novembre, 2007

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Dessin de Jitet Kostana (Indonésie)
Troisième prix du GreekCartoon

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Une vision de l’enfant – Première mention

Posté par marrickevin le Mercredi, 28 novembre, 2007

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Dessin de Boligan
Première mention du GreekCartoon

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Le Roman inachevé

Posté par marrickevin le Mardi, 27 novembre, 2007

Le Roman inachevé est une autobiographie du poète Aragon, écrite en 1956. Le poète est alors âgé de 59 ans. Cette autobiographie a la particularité d’être écrite en vers. Dans la suite de poèmes le poète se penche sur sa vie passée : son enfance, la Première guerre mondiale, le mouvement Dada et le mouvement surréaliste, les années trente, le Seconde guerre mondiale (il écrit alors des poèmes rappelant les valeurs de la résistance comme La rose et le reseda1), les années 50 (notamment avec la désillusion autour du régime communiste vers 1956). Il évoque plus particulièrement sa rencontre avec Elsa Triolet qu’il décrit comme sa muse et son inspiratrice. C’est elle qui le met au courant des répressions du régime communiste. Il ne quittera cependant jamais le secrétariat général du Parti Communiste.

Le Roman inachevé suit donc le vie d’Aragon. Il comporte, en outre, de nombreux poèmes qui rappellent son amour pour Elsa. C’est un « Roman » car Aragon considère que les éléments racontés sont des éléments narratifs (racontant une vie, la sienne) et comportant parfois une part de fiction. « Inachevé » car sa vie est alors inachevée. Il meurt en 1982.

 

La nuit à Moscou

Ah dans ses propres pas que marcher est étrange
Comme tout a changé et comme rien ne change
Cette ville n’est plus la même après vingt ans
Et c’est toujours la même et c’est la même neige
Les étoiles des tours les longs murs le Manège
Mais la nuit n’est plus noire et j’ai les cheveux blancs
Je ne reconnais plus les endroits où je passe
Pouchkine a traversé depuis longtemps la place
Et maladroitement comme des mots écrits
Les grilles des jardins sur la candeur d’hiver
Semblent recopier pour les couples ses vers
Le long des boulevards faits pour la flânerie
On sourira de nous pour le meilleur de l’âme
On sourira de nous d’avoir aimé la flamme
Au point d’en devenir nous-mêmes l’aliment
Et comme il est facile après coup de conclure
Contre la main brûlée en voyant sa brûlure
On sourira de nous pour notre dévouement
Quoi je me suis trompé cent mille fois de route
Vous chantez les vertus négatives du doute
Vous vantez les chemins que la prudence suit
Eh bien j’ai donc perdu ma vie et mes chaussures
Je suis dans le fossé je compte mes blessures
Je n’arriverai pas jusqu’au bout de la nuit
Qu’importe si la nuit à la fin se déchire
Et si l’aube en surgit qui la verra blanchir
Au plus noir du malheur j’entends le coq chanter
Je porte la victoire au coeur de mon désastre
Auriez-vous crevé les yeux de tous les astres
Je porte le soleil dans mon obscurité


1 La rose et le réséda est tiré du recueil La Diane française paru en décembre 1944. Il avait d’abord été publié dans un journal en 1943.

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Une vision de l’enfant – Deuxième mention

Posté par marrickevin le Lundi, 26 novembre, 2007

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Dessin de Feggo (Etats-Unis)
Deuxième mention du GreekCartoon

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Une vision de l’enfant – Troisième mention

Posté par marrickevin le Dimanche, 25 novembre, 2007

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Dessin de Oleg Goutsol (Ukraine)
Troisième mention du GreekCartoon

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Une vision de l’enfant – Quatrième mention

Posté par marrickevin le Samedi, 24 novembre, 2007

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Dessin de Kivokourtsev (Russie)
Quatrième mention du GreekCartoon

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A qui la faute ?

Posté par marrickevin le Samedi, 24 novembre, 2007

A qui la faute ?

- Tu viens d’incendier la Bibliothèque ?

- Oui.
J’ai mis le feu là.

- Mais c’est un crime inouï !
Crime commis par toi contre toi-même, infâme !
Mais tu viens de tuer le rayon de ton âme !
C’est ton propre flambeau que tu viens de souffler !
Ce que ta rage impie et folle ose brûler,
C’est ton bien, ton trésor, ta dot, ton héritage
Le livre, hostile au maître, est à ton avantage.
Le livre a toujours pris fait et cause pour toi.
Une bibliothèque est un acte de foi
Des générations ténébreuses encore
Qui rendent dans la nuit témoignage à l’aurore.
Quoi ! dans ce vénérable amas des vérités,
Dans ces chefs-d’œuvre pleins de foudre et de clartés,
Dans ce tombeau des temps devenu répertoire,
Dans les siècles, dans l’homme antique, dans l’histoire,
Dans le passé, leçon qu’épelle l’avenir,
Dans ce qui commença pour ne jamais finir,
Dans les poètes ! quoi, dans ce gouffre des bibles,
Dans le divin monceau des Eschyles terribles,
Des Homères, des Jobs, debout sur l’horizon,
Dans Molière, Voltaire et Kant, dans la raison,
Tu jettes, misérable, une torche enflammée !
De tout l’esprit humain tu fais de la fumée !
As-tu donc oublié que ton libérateur,
C’est le livre ? Le livre est là sur la hauteur;
Il luit ; parce qu’il brille et qu’il les illumine,
Il détruit l’échafaud, la guerre, la famine
Il parle, plus d’esclave et plus de paria.
Ouvre un livre. Platon, Milton, Beccaria.
Lis ces prophètes, Dante, ou Shakespeare, ou Corneille
L’âme immense qu’ils ont en eux, en toi s’éveille ;
Ébloui, tu te sens le même homme qu’eux tous ;
Tu deviens en lisant grave, pensif et doux ;
Tu sens dans ton esprit tous ces grands hommes croître,
Ils t’enseignent ainsi que l’aube éclaire un cloître
À mesure qu’il plonge en ton cœur plus avant,
Leur chaud rayon t’apaise et te fait plus vivant ;
Ton âme interrogée est prête à leur répondre ;
Tu te reconnais bon, puis meilleur; tu sens fondre,
Comme la neige au feu, ton orgueil, tes fureurs,
Le mal, les préjugés, les rois, les empereurs !
Car la science en l’homme arrive la première.
Puis vient la liberté. Toute cette lumière,
C’est à toi comprends donc, et c’est toi qui l’éteins !
Les buts rêvés par toi sont par le livre atteints.
Le livre en ta pensée entre, il défait en elle
Les liens que l’erreur à la vérité mêle,
Car toute conscience est un nœud gordien.
Il est ton médecin, ton guide, ton gardien.
Ta haine, il la guérit ; ta démence, il te l’ôte.
Voilà ce que tu perds, hélas, et par ta faute !
Le livre est ta richesse à toi ! c’est le savoir,
Le droit, la vérité, la vertu, le devoir,
Le progrès, la raison dissipant tout délire.
Et tu détruis cela, toi ?

- Je ne sais pas lire.

Victor Hugo (1802 – 1885)
L’année terrible (1872)

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